• Côte D'ivoire
  • 29℃ Abidjan
🚨 Taekwondo-Formation : Cheick Cissé investit plus de 100 millions FCFA 🚨 Ligue 1 LONACI (2e journée retard) : le Stade d’Abidjan s’impose dans un match fou face au SOL FC (6-5) 🚨 Didier Drogba a reçu la médaille W. E. B. Du Bois en hommage à William Edward Burghardt Du Bois, le jeudi 8 octobre 2026, à Cambridge. 🚨 FIF: Doué Noumandiez nommé à la tête de la Commission Centrale des Arbitres, où il succède à Bonaventure Kalou. 🚨 Ligue 1 LONACI (2e journée): Isca arrache sa première victoire face à Bouaké FC 🚨 Football (classement FIFA) : la Côte d'lvoire passe de la 31è à la 29è place à l’issue de la trêve du mois d’octobre. 🚨 Boxe : la Côte d’Ivoire abritera les Jeux Africains de MMA prévus pour mars 2027, comme l’a annoncé dimanche dernier l’African MMA Federation 🚨 Basketball-BAL : Abidjan accueille l’Elite 16 de la Division Ouest du 10 au 15 novembre 2026 🚨 Ligue 1 ivoirienne : Yamoussoukro s’impose (2-0) face à Mouna Fc et signe sa deuxième victoire d’affilée 🚨 Le basketball de rue, quai 54-Afrique 2026, se tient le 29 décembre prochain à Abidjan, pour une première édition organisée sur le continent africain 🚨 Match amical: le Cameroun bat la Côte d'Ivoire(1-0) ce samedi au Stade olympique d'Ebimpé
Un styliste ivoirien mise sur l'éco-mode pour redynamiser l'image d'une commune d'Abidjan (REPORTAGE)
Focus

Un styliste ivoirien mise sur l'éco-mode pour redynamiser l'image d'une commune d'Abidjan (REPORTAGE)

Abidjan, le mardi 5 mai 2026(ivoire.ci)-Abobo, une commune située dans le nord d'Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, est l'une des zones les plus densément peuplées de la ville, où rues entrecroisées, commerces et flux incessants de passants rythment le quotidien. Longtemps associée à l'insécurité et perçue comme "désordonnée", cette commune a commencé ces dernières années à changer d'image, portée par l'essor des activités culturelles et créatives qui insufflent une nouvelle vitalité au quartier.

Dans une rue ordinaire, l'atelier du styliste Ibrahim Kamissoko attire l'attention. A l'intérieur, point de tissus classiques, mais des nattes, des CD usagés, des accessoires de téléphones portables, des grilles de ventilateurs et divers objets en caoutchouc. Ces matériaux du quotidien, souvent jetés, sont ici démontés puis réassemblés pour donner naissance à des créations vestimentaires originales et audacieuses.

M. Kamissoko a commencé à apprendre la couture à l'âge de 14 ans. Après le décès de son père, il a choisi de poursuivre dans cette voie et d'en faire son métier. "A cette époque, je n'avais pas beaucoup de choix, mais je savais clairement ce que j'aimais : faire des vêtements", se souvient-il. Au fil des années d'apprentissage et d'expérimentation, il a développé une approche fondée sur la "transformation" et "l'expression".

   Dans ses créations, les matériaux portent souvent une signification particulière. Dans une série inspirée du téléphone portable, il a assemblé des milliers de petits composants pour concevoir des tenues illustrant l'impact des communications modernes sur la vie quotidienne. "Le téléphone permet de connecter le monde (...) C'est cela, sa signification", explique-t-il.

Le caoutchouc figure parmi les matériaux qu'il utilise le plus. Très répandu localement, mais difficilement biodégradable, il pose des défis environnementaux à long terme. En l'intégrant à ses créations, M. Kamissoko explore de nouvelles pistes tout en sensibilisant le public. "Certains matériaux en caoutchouc mettent des centaines d'années à se décomposer. S'ils sont jetés n'importe comment, ils nuisent à l'environnement. Nous pouvons trouver une autre manière de les utiliser", souligne-t-il.

A travers ses œuvres, il cherche ainsi à donner une seconde vie à des matériaux non biodégradables tout en promouvant une conscience écologique. Ses créations attribuent de nouvelles fonctions aux matières et offrent des effets visuels variés.

 Dagnogo Mamadou, qui tient un café à proximité de l'atelier, a suivi le parcours du créateur depuis près de 15 ans. M. Kamissoko s'y rend presque chaque jour pour prendre un café, observer le va-et-vient des passants et puiser son inspiration dans la vie du quartier. "C'est un véritable créateur", assure M. Mamadou. "Chaque fois qu'il entre dans le café, on a l'impression qu'une 'star' arrive". Aujourd'hui, M. Kamissoko est devenu une figure bien connue de la communauté.

 Au-delà de la mode, il s'investit activement dans l'organisation d'initiatives culturelles. Le festival Abobo Fashion Art, qu'il a fondé, s'apprête à célébrer sa septième édition et attire des créateurs venus de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que de l'Europe. L'événement est devenu un rendez-vous culturel majeur, attirant un large public et des professionnels du secteur, dynamisant l'activité économique locale et contribuant à transformer l'image d'Abobo.

 Pour M. Kamissoko, la mode est à la fois un moyen d'expression personnelle et un levier de transformation sociale. "Nous voulons montrer aux jeunes qu'ils ne sont pas obligés de partir pour réussir ; ils peuvent créer de la valeur ici", affirme-t-il. Grâce à ces initiatives, de plus en plus de jeunes s'intéressent aux métiers de la mode et des industries créatives.

 Dans son atelier, plusieurs apprentis se forment à ses côtés. Mohamed Diabaté, 28 ans, explique avoir été séduit par la créativité de son maître : "Il peut réaliser des œuvres différentes avec toutes sortes de matériaux". Un autre apprenti, Ismaël Traoré, insiste sur l'importance du savoir-faire : "Il accorde une grande attention aux finitions et aux détails. Ici, on apprend non seulement la créativité, mais aussi à perfectionner son travail", dit-il.

 M. Kamissoko accorde également une grande importance à l'intégration des éléments culturels locaux dans ses créations. La Côte d'Ivoire, riche de sa diversité ethnique, dispose d'un vaste patrimoine textile traditionnel. "Chaque tissu a son propre nom, ainsi que des couleurs et des motifs uniques", explique-t-il, soulignant que ces ressources constituent une source d'inspiration inépuisable.

 Pour l'avenir, le créateur ambitionne de s'ouvrir davantage à l'international. "J'aimerais avoir l'occasion d'aller en Chine, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada pour présenter mes œuvres", confie-t-il.

 De simple apprenti tailleur à designer engagé dans l'éco-création, organisateur culturel et mentor pour la jeunesse, Ibrahim Kamissoko ne cesse d'élargir son champ d'action. A Abobo, il fait de la mode un trait d'union entre sensibilisation environnementale, expression artistique et renouveau urbain, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour la jeune génération.

Partager

De la même catégorie

Laisser Commentaires