Le bois et les calebasses ont donné le ton au Musée d’Abobo. À l’occasion du Festibalafon,
Passionnés de musique, traditionalistes et amoureux du balafon se sont retrouvés autour d’un instrument ancestral dont les sonorités continuent de porter la mémoire et les traditions des peuples africains.
Au cœur de cette onzième édition, le Djomlo, une variante du balafon associée au peuple baoulé, a particulièrement retenu l’attention. Composé de six lamelles, cet instrument à percussion se distingue par sa capacité à reproduire des sonorités évoquant la voix humaine et à transmettre des messages.
Au-delà de sa dimension musicale, le Djomlo occupe une place sociale dans la tradition baoulé. Il se joue généralement à deux, dans un échange où un musicien lance une séquence et l’autre lui répond. Cette pratique repose sur l’écoute et la complémentarité. Selon les organisateurs, elle favorise le rapprochement entre les personnes et contribue à maintenir de bonnes relations au sein de la communauté.
La manifestation a également permis de découvrir d’autres expressions musicales liées au balafon ouest-africain.
L’artiste mandinka Keïta Ahmed, présenté comme un maître de cet instrument, a mis en évidence sa richesse et sa complexité, le qualifiant de « piano africain ».
Fabriqué à partir de matériaux tels que le bois, les calebasses, les cordes et les peaux, le balafon présente des caractéristiques qui varient selon les traditions et les régions. Du Djomlo baoulé à six lamelles aux modèles mandinka pouvant en compter plus de vingt, cette diversité témoigne de la richesse des pratiques musicales africaines.
L’initiative vise également à renforcer la place du balafon dans le paysage culturel contemporain, en encourageant sa valorisation et sa modernisation. Cette célébration du balafon s'est clôturer par un concert du groupe Ba Banka Nyeck.
Initié en 2014 par le groupe Ba Banga Nyeck, le Festival international de balafon ambitionne de mieux structurer le secteur culturel autour de cet instrument et de promouvoir son rayonnement au-delà des frontières ivoiriennes. À terme, ses initiateurs souhaitent faire d’Abidjan une référence mondiale dans l’univers des xylophones.