Les plaintes, dont certaines ont également été relayées sur les réseaux sociaux, notamment Meta et TikTok, ont été centralisées à la Direction de la Police économique et financière (DPEF), chargée de conduire les investigations. Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs indiqueraient que Rita Bénédicte Djédjé et la société Ivoire Challenge Corporation SARL auraient perçu diverses sommes d’argent auprès de plusieurs personnes auxquelles auraient été proposées des parcelles de terrain. Or, selon le parquet, les personnes mises en cause ne seraient pas propriétaires des terrains proposés à la vente.
L’enquête s’intéresse au dispositif de communication utilisé pour attirer les potentiels acquéreurs. Le Procureur national financier souligne que Rita Djédjé serait apparue dans plusieurs vidéos aux côtés de personnalités connues du grand public, dont des artistes, des journalistes et des créateurs de contenus. Certaines de ces personnalités auraient, en raison de leur notoriété, contribué à promouvoir les différents projets immobiliers et à rassurer d’éventuels souscripteurs quant à leur viabilité.
Le parquet évoque également l’utilisation de groupes WhatsApp pour présenter les projets immobiliers à de potentiels investisseurs. Toujours selon les premiers éléments de l’enquête, des personnes auraient même perçu des sommes d’argent pour le compte de la patronne de la société Ivoire Challenge Corporation dans le cadre de ces opérations.
Ainsi, le communiqué précise qu’une information judiciaire a été ouverte contre Rita Bénédicte Djédjé, la société Ivoire Challenge Corporation SARL et plusieurs personnalités, à savoir Zahibo Jean, alias John Jay, Serey Dié Geoffroy, Adrienne Koutouan, Agbré Stéphane alias Apoutchou National, Dali Dago Aristide, alias Pantcho le Gataire, Kouamé Yeelen Virginie, alias Maa Bio et Soumahoro Aboubacar alias Yaka Yaka de Paris, ainsi que d’autres personnes.
Les intéressés sont visés dans le cadre d’une procédure portant principalement sur des faits qualifiés par le parquet d’association de malfaiteurs, d’escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, d’abus de confiance, de faux et usage de faux dans des documents administratifs, de complicité d’escroquerie et de blanchiment de capitaux.
Dans son communiqué, le Procureur national financier note une soixantaine de plaintes et plus de 320 millions de francs CFA de sommes évoquées à ce stade de la procédure. Il appelle le public à davantage de prudence face aux opérations d’investissement promues sur les réseaux sociaux, particulièrement lorsqu’elles sont proposées en dehors des canaux officiels de publicité et de vérification. Le parquet met aussi en garde les personnalités publiques contre l’utilisation de leur notoriété dans des opérations susceptibles de présenter un caractère délictuel.
La procédure étant toujours en cours, les personnes citées demeurent présumées innocentes jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice. Les investigations devront notamment permettre de déterminer la destination des fonds collectés, la réalité des projets immobiliers proposés, la nature des relations entre les différents intervenants et le degré d’implication de chacune des personnes citées dans cette affaire.