Intervenant au cours d’un panel réunissant des représentants des banques, des assurances, de la Société de gestion et de garantie du crédit aux PME (SGPME) et de la Société financière internationale (SFI), Salimata N’Dia pense qu'un meilleur accès au financement contribuerait à professionnaliser les acteurs, à lutter contre les arnaques et à sécuriser les transactions immobilières. C'est pourquoi, elle a insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources financières pour accompagner la structuration de la CDAIM et soutenir le développement de ses membres.
La présidente de la CDAIM a notamment évoqué le poids de l’informel, la multiplication des arnaques, la perte de crédibilité et les difficultés de structuration de la profession.
« Nous savons tous aujourd’hui les difficultés de notre écosystème », a-t-elle indiqué, tout en soulignant les perspectives offertes par la croissance économique du pays et le potentiel du marché immobilier.
Salimata N’Dia a également attiré l’attention sur les escroqueries liées aux fausses annonces immobilières diffusées sur internet. Ces pratiques exposent aussi bien les populations locales que les membres de la diaspora et les investisseurs à des pertes financières.

« Aidez-nous à créer une visibilité crédible afin que la diaspora, les Ivoiriens et les investisseurs ne se fassent plus arnaquer », a-t-elle plaidé, appelant à une mobilisation collective contre les pratiques frauduleuses. Mme Dia a, par ailleurs, relevé que l’informel prive l’État d’importantes recettes fiscales.
En outre, la présidente de la CDAIM a estimé le nombre de constructions inachevées à Abidjan à plus d’un millier. Pour elle, l’accompagnement financier des propriétaires pourrait permettre de finaliser ces bâtiments et de les rendre exploitables.
« Un bien immobilier achevé à 95 % n’est pas rentable parce qu’il ne peut pas être loué », a-t-elle dit, invitant les banques et les assurances à envisager des mécanismes de financement adaptés à l’achèvement de ces constructions. Une démarche qui permettrait aux propriétaires de rentabiliser leurs investissements, aux agences immobilières d’élargir leurs portefeuilles et aux institutions financières de développer de nouvelles opportunités d’affaires.
Au-delà des intérêts des différents acteurs, la présidente de la CDAIM croit qu’une telle approche pourrait contribuer à réduire le déficit de logements et à améliorer les recettes fiscales de l’État.
Pour mieux cerner les réalités du secteur, la CDAIM a engagé la première enquête sectorielle consacrée à l’immobilier en Côte d’Ivoire. Cette initiative vise à recueillir des données directement auprès des professionnels afin de mieux orienter les actions d’assainissement et de développement de la filière.
Partenaire de la Société de conseil et d’assistance aux PME de Côte d’Ivoire (SOCACI), la CDAIM regroupe près de 500 agences immobilières, dont 95 % sont des petites et moyennes entreprises (PME). Des acteurs qui occupent une place importante dans la chaîne de valeur immobilière, mais restent confrontés à plusieurs difficultés.