Durant trois semaines, 25 jeunes danseuses venues du District d’Abidjan et principalement de la commune d’Abobo, accompagnées par cinq danseuses marraines, issues du parcours Entr’Ailes depuis 2021, ont travaillé autour de pratiques chorégraphiques.
Le programme a alterné ateliers de création, master classes, rencontres professionnelles, danses et temps d’échanges. Des moments d’apprentissage dirigés par les cinq danseuses marraines et visages modèles du projet, à savoir Luc Bérenger Hounsa (Beyoncé), Aya Larissa Labarest (La Chinoise Pimentée), Christelle Ehoué (Gros Camion), Lydia Grâce Tano (Zantara) et Bila Fatoumata Yoda. Également, les jeunes apprenantes ont pu bénéficier de l’expertise de la danseuse espagnole, chercheuse culturelle et pédagogue Inés Sybille Vooduness, artiste invitée dans ce projet à Abidjan.
Le programme leur a permis de découvrir et d’apprivoiser les arts vivants, notamment la danse, comme outil de guérison, d’expression de soi et d’épanouissement personnel. En témoignent les performances d'Aya Larissa Labarest (La Chinoise Pimentée) et Lydia Grâce Tano (Zantara avec Esquive) au CACAB et Bila Fatoumata Yoda et Inés Sybille Vooduness au MuCAT.
Pour Yves Duval, chargé d’affaires de l’ambassade du Canada à Abidjan, les arts vivants donnent une voix à celles et ceux qui souhaitent transmettre des émotions, raconter leur histoire, questionner les normes établies, tout en invitant à une réflexion sur nos comportements et choix de société. En soutenant ce projet, « nous souhaitons promouvoir l’idée que les arts constituent un puissant vecteur d’inclusion sociale. Ils contribuent à bâtir des communautés plus ouvertes, plus justes et plus équitables, où chacun et chacune peut trouver sa place et contribuer au bien commun », a-t-il ajouté.
De son côté, la directrice du CACAB, Hortense Zagbayou Békouan, a exprimé sa joie d’avoir abrité cette formation. Elle n’a pas manqué de féliciter la compagnie Libr’Arts Côte d’Ivoire pour cette initiative au profit de la jeunesse ivoirienne, tout en relevant la participation d’un nombre considérable de jeunes filles. « (…) La danse occupe une place importante dans la mission de promotion des spectacles vivants », a dit Hortense Békouan, rassurant du soutien du centre pour la suite du projet.
Le projet invite les participantes à questionner leur rapport au monde, à leur quartier, à leur histoire et aux espaces qu’elles habitent. Comme l’histoire de Nadia Beugré, directrice artistique de Libr’Arts Côte d’Ivoire, avec la commune d’Abobo. Elle y a grandi, a appris à regarder le monde, à écouter les histoires qui l’entouraient et à puiser dans son environnement une matière pour créer. « Le choix s’est porté sur Abobo, parce que c’est ici que je suis née et j’ai grandi dans cette commune ; où et j’ai fait mes premiers pas dans la danse. », a-t-elle confié. Et d’insister : « Nous voulons créer de la visibilité, tout en aidant les filles à déployer leurs ailes ; afin de leur permettre de sortir de leur zone de confort. Les aider à prendre la parole, et surtout à s’exprimer dans une société patriarcale ; dans laquelle les femmes sont généralement stigmatisées. C’est aussi susciter des femmes chorographes dans notre pays qui n’en compte pas beaucoup. Car les femmes doivent raconter leur propre réalité au lieu que cela soit relatée par les hommes.»
Le programme Entr’Ailes Transmission est destiné à la formation et l’accompagnement de jeunes femmes ivoiriennes, artistes du spectacle vivant ou professionnelles des métiers de la technique et de la production. Il faut noter que Libr’Arts Côte d'Ivoire a été fondé en 2020 à Montpellier par l’Ivoirienne Nadia Beugré, et la Française Virginie Dupray, administratrice, et mène des activités de formation et d’accompagnement à la création, plus particulièrement orientées vers les femmes.