mment déplacer un grand nombre de personnes à moindre coût tout en réduisant l’impact des transports sur l’environnement ? C’est l’équation que les pouvoirs publics africains sont appelés à résoudre face à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide des villes.
Le chef du gouvernement ivoirien a insisté sur la nécessité de développer des solutions de transport collectif capables de répondre aux besoins croissants des populations. « Comment transporter les populations en grande masse et au moindre coût ? », a-t-il interrogé, soulignant l’importance de concilier capacité de transport, coût accessible et respect de l’environnement.
Pour relever ce défi, Robert Beugré Mambé a évoqué le métro, les bus à haut niveau de service (BRT), les transports lagunaires et les téléphériques. La mise en œuvre de ces solutions, a-t-il indiqué, nécessite également le recours aux énergies propres et à des financements concessionnels. Il a, par ailleurs, invité les opérateurs privés à se rapprocher des pouvoirs publics pour proposer des projets innovants adaptés aux besoins du pays et nouer des partenariats avec les institutions nationales.
Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a rappelé que la mobilité dépasse désormais la seule question des déplacements. Elle conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins de santé et aux services essentiels, constituant un levier de compétitivité économique, d’inclusion sociale et d’aménagement du territoire.
Selon lui, les investissements dans les infrastructures doivent s’accompagner d’une meilleure coordination entre les politiques de transport, l’urbanisme et l’aménagement du territoire. L’objectif est de construire un système multimodal et interconnecté, dans lequel les différents moyens de déplacement se complètent pour faciliter les trajets des usagers.
Amadou Koné a aussi mis en avant l’apport du numérique et des données dans la gestion des réseaux de transport. Ces outils doivent permettre de mieux connaître les habitudes de déplacement, d’améliorer la régulation des flux et de renforcer la qualité des services proposés aux usagers.
Dans cette perspective, le gouvernement entend redynamiser le transport lagunaire à Abidjan. Le programme annoncé prévoit la construction de 13 gares lagunaires et l’acquisition de 25 bateaux-bus. Cette orientation vise à renforcer l’offre de transport sur la lagune Ébrié et à mieux organiser les déplacements des personnes et des marchandises.
Les échanges doivent aboutir à l’adoption de la Déclaration d’Abidjan, destinée à porter les préoccupations et les engagements des villes africaines dans les discussions internationales sur la mobilité durable et l’action climatique, notamment en perspective de la COP31.
Organisée par le ministère des Transports et des Affaires maritimes, avec l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), le réseau CODATU et l’association Climate Chance, la CIMDC 2026 réunit des représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, du monde scientifique et de la société civile.