À 33 ans, Cheick Cissé choisit ainsi de mettre un terme à sa carrière de compétiteur après plusieurs années consacrées à la discipline et au rayonnement sportif de la Côte d’Ivoire.
« Le taekwondo m’a enseigné que chaque homme connaît sa fin et que chaque fin ouvre un nouveau chapitre. Aujourd’hui, je choisis de refermer ce chapitre après de longues années consacrées au taekwondo ivoirien et au rayonnement de la Côte d’Ivoire. J’ai décidé de mettre un terme à ma carrière d’athlète », a-t-il confié, assurant que cette décision est le fruit d’une réflexion profonde.
Un palmarès exceptionnel pour une nouvelle ambition
Cheick Cissé quitte les tatamis avec un palmarès qui a marqué l’histoire du sport ivoirien. Il entre dans la légende en remportant la médaille d’or dans la catégorie des moins de 80 kg aux Jeux olympiques de Rio, en 2016. Il devient alors le premier ivoirien à décrocher un titre olympique.
Au fil de sa carrière, il s'est imposé parmi les grandes figures mondiales de sa discipline. Son palmarès comprend notamment un titre de champion du monde, une médaille d’or olympique et plusieurs distinctions internationales, dont celle de meilleur athlète des Jeux olympiques évoquée lors de sa conférence de presse.
« Aujourd’hui, j’ai tout gagné. Je peux me vanter de faire partie des athlètes qui ont tout gagné dans leur carrière : champion du monde, champion olympique, meilleur athlète des Jeux olympiques et j’en passe. J’ai tout derrière moi », affirme-t-il.
Pour l’athlète, le moment est venu de transmettre le flambeau à la nouvelle génération. Ses responsabilités au sein des instances sportives internationales, notamment au Comité international olympique (CIO) et dans les structures du taekwondo mondial, constituent également des facteurs qui motivent ce choix.
« Un grand athlète doit savoir partir sur une bonne note. Il était temps pour moi, avec toutes les nouvelles responsabilités que j’ai au Comité international olympique et à World Taekwondo, de prendre du recul et de donner la place à la nouvelle génération de taekwondoïstes », a-t-il expliqué.
Mais cette retraite sportive ne signifie pas un retrait du mouvement sportif. Bien au contraire, Cheick Cissé entend mettre son expérience et son influence au service du développement du taekwondo ivoirien.
« Pour moi, il était important, au regard des problèmes que rencontre la fédération, de pouvoir m’engager autrement. Aujourd’hui, je suis prêt à mettre en œuvre mon programme pour la Fédération ivoirienne de taekwondo », a-t-il annoncé.
Cheick Cissé est revenu sur la crise que traverse la Fédération ivoirienne de taekwondo depuis plusieurs années.
Pour lui, les difficultés actuelles appellent une réflexion profonde sur la gouvernance de l’instance dirigeante.
« Cela fait plus de six ans que, malheureusement, la fédération traverse une situation assez compliquée. Je pense que même quand on dirige mille personnes et que quinze d’entre elles se plaignent, cela signifie qu’il y a un problème. Le taekwondo appartient à tout le monde. Pour ma part, je pense que c’est une question de gouvernance avant d’être autre chose », a-t-il soutenu.
Le champion olympique rejette également l’idée, selon laquelle l’âge constituerait un obstacle à ses ambitions. Il reconnaît toutefois la nécessité de s’entourer de personnes expérimentées pour mener à bien son projet.
En outre, il s'est appuyé sur les textes de la fédération pour étayer les raisons qui l’ont conduit à adresser un courrier à World Taekwondo. Il a évoqué aussi des préoccupations relatives aux conditions d’organisation de l’assemblée générale de décembre 2021 et aux modifications statutaires intervenues au sein de la fédération.
Le relèvement de l’âge minimum requis pour être candidat à la présidence, passé de 35 à 40 ans, l’interdiction faite aux athlètes en activité de se présenter à l’élection présidentielle de la fédération et l’obligation, pour un athlète souhaitant candidater, d’avoir arrêté sa carrière au moins un an auparavant, sont autant de dispositions qu'il trouve incongrues.
« Je ne peux pas être un défenseur des athlètes dans le monde et, dans mon pays, laisser des choses bloquer les athlètes. J’estime que les athlètes sont au cœur du sport », fait-il savoir.
Il a indiqué avoir interrogé le président de la fédération, Jean-Marc Yacé, ainsi que certains membres de l’instance, qui lui auraient assuré ne pas avoir connaissance de ces dispositions.
Pour Cheick Cissé, cette ambition répond à une volonté de servir son pays autrement après avoir contribué à son rayonnement sur les tatamis internationaux.
« Je suis le produit d’un investissement colossal du gouvernement ivoirien. Il est important que tout ce que j’ai pu faire sur le plan technique et athlétique, ainsi que ma position dans les instances internationales, puisse servir mon pays et contribuer au développement du sport ivoirien », a-t-il insisté.
Un palmarès qui a marqué l’histoire du sport ivoirien
Né le 19 septembre 1993 à Bouaké, Cheick Sallah Cissé s’est imposé comme l’une des figures majeures du taekwondo mondial. Son parcours est notamment marqué par deux médailles olympiques et un titre mondial. Il est le premier champion olympique de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il est également devenu champion du monde en 2023 à Bakou, en Azerbaïdjan. Aux Jeux olympiques de Paris 2024, il décroche la médaille de bronze dans la catégorie des plus de 80 kg.
Parmi ses principales distinctions figurent :
Jeux olympiques : médaille d’or à Rio en 2016 (-80 kg) et médaille de bronze à Paris en 2024 (+80 kg).
Championnats du monde : médaille d’or à Bakou en 2023 (+87 kg).
Jeux africains : médaillé d’or en 2015 à Brazzaville et en 2019 à Rabat.
Championnats d’Afrique : plusieurs titres continentaux, notamment en 2014, 2016 et 2021.
Grands Prix internationaux : plusieurs médailles d’or, dont des victoires à Moscou en 2015, à Londres et à Abidjan en 2017, ainsi qu’à Riyad en 2022.
Avec cette annonce, Cheick Cissé ouvre un nouveau chapitre de son parcours. Après avoir hissé le drapeau ivoirien au sommet du sport mondial, il entend désormais mettre son expérience au service de la gouvernance et du développement du taekwondo national. Reste à savoir dans quelles conditions sa candidature à la présidence de la FITKD pourra être examinée au regard des textes en vigueur.