Ce rapport vise à mettre en avant la notion du genre et la promotion de l’égalité des chances entre l’homme et la femme.
Selon les résultats lus par Carolin Beck, analyste politique et représentante de l’unité Genre et développement du Centre de développement de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), cette considération découle de l’indice des normes de masculinité établi par les résultats de l’enquête à 57/100.
En outre, explique le rapport, les normes de la masculinité renvoient à des idées partagées sur la manière dont les hommes ou les garçons sont censés être et se comporter. Ces idées façonnent les attentes sociales concernant les rôles des hommes au sein du ménage, de l’économie et de la vie publique. Elles influencent la manière dont les hommes sont appelés à assurer le rôle de principal contributeur financier, diriger, exercer une autorité, assumer des responsabilités de soins ou exprimer leurs émotions. Ainsi, les normes de masculinité deviennent restrictives lorsqu’elles limitent les droits, la sécurité et l’autonomie des femmes, réduisent l’éventail des rôles socialement acceptables pour les hommes, ou renforcent des rapports de pouvoir inégaux.
Par ailleurs, la conseillère spéciale du Premier ministre, chargée des questions de genre et titulaire de la Chaire UNESCO Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions, Euphrasie Yao, a souligné qu’il est nécessaire de mettre en place une stratégie de promotion de la masculinité positive.
« Quand la masculinité est positive, elle aide à l’égalité des chances. Quand elle est restrictive, elle bloque. 57% des Ivoiriens pensent à la masculinité restrictive. Nous allons lutter pour faire baisser la tendance pour que les hommes et les femmes, ensemble vivent heureux dans la société », a-t-elle ajouté.
Pour sa part, Moussa Diarrassouba, directeur de cabinet, représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a précisé que la masculinité positive est une manière d’être d’un homme qui élève tout le monde à commencer par lui-même.
Pour la première fois, la Côte d’Ivoire dispose d'une cartographie détaillée des normes de masculinité à l'échelle nationale. L'indice moyen de masculinité restrictive est évalué à 57 sur 100, révélant des perceptions solidement ancrées, avec des disparités notables entre les régions : le Nord affiche un score plus élevé de 65/100, le Sud 53/100, traduisant une intensité plus forte des normes restrictives dans cette partie du pays.
Cette étude a été menée par le Centre de développement de l’OCDE et coordonnée par la Chaire Unesco « Eau, Femmes et pouvoir de décisions » (CUEFPOD). Elle bénéficie du soutien de l’Agence nationale de la statistique (ANStat), du ministère de la Famille et de l’appui financier de l’Agence autrichienne de développement (ADA). Le lancement officiel du rapport de l’EMASCI était placé sous le thème : « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ».
En 2021, le rapport du centre de développement de l’OCDE Man Enough Measuring Masculine Norms to promote women’s Empowerment a introduit un cadre conceptuel visant à analyser et mesurer la masculinité restrictive et ses implications pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Les normes de la masculinité englobent les différentes manières, socialement construites, d’être et d’agir, ainsi que les valeurs et attentes associées au fait d’être et de devenir un homme dans une société, un endroit et un moment donné. Les normes de masculinité renvoient à des représentations perçues, partagées par les hommes et les femmes, sur la manière dont les hommes sont censés se comporter dans des contextes spécifiques pour être considérés comme de « vrais » hommes.