Revenant sur sa détention à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a comparé ses conditions de détention à celles qu’il a connues à La Haye.
« J’ai été à Korhogo, je n’avais pas droit aux visites, sauf celles de mes avocats. À La Haye, je pouvais recevoir des visites tous les jours, à condition d’y consentir », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’État ivoirien a également estimé que, s’il avait été jugé en Côte d’Ivoire, l’issue de son procès aurait été différente.
« Si j’avais été jugé ici, le procès aurait duré une semaine. On m’aurait condamné à 20 ans, à 25 ans ou à la prison à perpétuité. Peut-être même qu’aujourd’hui je ne serais plus là. À La Haye, le procès a duré plusieurs mois, une centaine de témoins ont été entendus et, au final, j’ai été acquitté. C’est pourquoi je dis que je suis content d’avoir été envoyé à La Haye », a-t-il affirmé.
Tout en se disant favorable à une justice pleinement souveraine en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a estimé que les conditions d’une justice impartiale ne sont pas encore réunies.
« Il faut que nos appareils judiciaires et nos juges soient véritablement indépendants et ne soient pas inféodés au pouvoir exécutif », a-t-il souligné.
Au cours de cette rencontre avec la presse, le président du PPA-CI a également annoncé l’organisation prochaine de manifestations pour réclamer la libération des prisonniers politiques qu’il considère comme proches de son camp.
Cette conférence de presse intervient dans un contexte marqué par les vifs débats autour des opérations de déguerpissement à Abidjan, en pleine saison des pluies, mais aussi par les discussions engagées sur la réforme du système électoral. Dans ce cadre, le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a rencontré les différents acteurs de la société lors d’une concertation organisée le 22 juin 2026.