" J'ai été interpellé la semaine dernière par le Ministre de l'Intérieur, puis par la Direction Générale de la Police : les embouteillages de Yopougon, point de passage obligé vers l'intérieur du pays, se répercutent sur le trafic national. Je ne peux pas accepter que, pour les problèmes du pays, ce soit Yopougon qui soit pointé du doigt", a indiqué le maire.
Le maire a proposé de regrouper les compagnies sur une gare provisoire centralisée. Selon le plan d'un architecte présenté en séance, 43 gares ont été recensées et le site pourrait accueillir environ 45 grands cars alignés avec une circulation interne.
"Ce matin, on n'aura pas la solution définitive, mais dans une semaine, on doit l'avoir, pour dire : dans deux mois, dans trois mois, on doit pouvoir occuper tel site", a fait savoir Adama Bictogo.
" Ce que je veux, c'est une gare qui ne dérange plus la population, où l'on peut tourner à l'intérieur et ressortir. Je ne veux plus voir de gare au bord des routes.", a-t-il insisté.
Le maire Bictogo a confié avoir pris deux décisions, notamment le transporteur UTB doit aménager un terrain à Andokoi qu'il compte occuper en partie dès décembre et la gare SBTA, jugée "très mal placée" près du CHU de Yopougon, doit fermer avant fin octobre.
Il a aussi pointé d'autres causes d'embouteillages. Les lavages de cars aux heures de pointe (15h30 à 21h) juste après le pont, et les rotations incessantes des véhicules.
"Ce n'est pas le stock des cars qui compte, ce sont les rotations. Si on conçoit une gare provisoire sans connaître le nombre de cars ni le nombre de rotations, on va faire quelque chose qui, au bout de deux semaines, ne correspondra plus au besoin.", a-t-il ajouté.
Adama Bictogo a été ferme avec la police municipale. "Lorsqu'on prendra l'arrêté, si au bout de deux semaines vos éléments n'ont pas dégagé toutes ces gares, on dissout la police municipale pour recommencer à zéro.", a averti M. Bictogo.
Et d'ajouter : "Vous êtes les forces vives de Yopougon. On ne peut pas venir mettre en cause votre écosystème, mais on doit l'améliorer, l'encadrer pour que ce soit structuré. La mairie n'a pas à vous dicter des choses, mais vous non plus ne devez pas imposer un désordre à la mairie."
Les transporteurs plaident
"Il y a près de six mois que nos gares sont fermées. On nous voit assis face au public, mais il y a peut-être cinq cents, six cents personnes derrière nous, et des encours bancaires qui courent", a lancé Abdul Wahab, président de CA Trans.
Un comité de travail va recenser toutes les compagnies à partir du fichier des taxes de la mairie. Un atelier technique est prévu mercredi de 09h00 à 12h00 pour chiffrer les rotations.
Les Gbaka, minibus et transport intercommunal jugés "les plus dangereux" seront reçus après les transporteurs interurbains.