À son arrivée à Diawala en août 2025, le sous-préfet Sévérin Bouatini dit avoir découvert une situation particulièrement préoccupante. L’exploitation illégal s’était installée jusque dans les zones habitées, avec des conséquences sur les terres agricoles, la sécurité et l’environnement.
« J’ai trouvé une situation minière chaotique », a-t-il expliqué, évoquant également la multiplication des agressions, des accidents, des grossesses précoces et d’autres problèmes sociaux liés à cette activité. Dans cette zone frontalière, l’administration redoute aussi que les activités minières illégales puissent alimenter des réseaux criminels.
Après une première phase de sensibilisation menée avec la Direction régionale des Mines, les autorités ont renforcé les opérations de contrôle et de répression face à la persistance de l’exploitation illégale. Cette intervention aurait permis de réduire la présence des exploitants illégaux et de rétablir progressivement un climat plus serein dans la circonscription.
La nouvelle priorité est désormais la formalisation. Selon le sous-préfet, 17 coopératives minières ont déjà été créées à Diawala. Deux permis d’exploitation ont également été remis officiellement à l’opérateur Tuo Kafana, présenté comme un exemple de parcours vers la légalisation de l’activité.
L’administration souhaite toutefois éviter que la fermeture des sites ne prive les jeunes de leur principale source de revenus. Sévérin Bouatini a indiqué avoir sollicité le ministère des Mines pour qu’un espace puisse être réservé aux jeunes de Diawala pendant qu’ils accomplissent les démarches nécessaires à leur mise en conformité.
« Il ne s’agit pas de chasser les jeunes. L’orpaillage est devenu leur moyen de subsistance. Nous voulons les accompagner vers la légalité », a-t-il insisté.
La Fédération des Coopératives Minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI), représentée par son président Koné Seydou, soutient cette démarche. Pour l’organisation, la structuration des acteurs est indispensable pour lutter contre l’informalité, améliorer la traçabilité de l’or, réduire les accidents et mieux encadrer les activités minières artisanales.
Koné Seydou a toutefois rappelé qu’une coopérative ne constitue pas, à elle seule, une autorisation d’exploiter. Elle doit plutôt servir d’outil de formalisation, de professionnalisation et d’organisation des acteurs.
La question environnementale a également été au cœur des échanges. La FECOMCI a appelé les exploitants à préserver les terres agricoles et les ressources en eau, à réhabiliter les sites après exploitation et à mieux gérer les déchets miniers.
« L’or ne doit pas nous coûter notre eau », a lancé Koné Seydou, invitant les coopératives à intégrer davantage la protection de l’environnement dans leurs pratiques.
La FECOMCI a enfin encouragé les 17 coopératives de Diawala à rejoindre ses rangs afin de bénéficier d’un accompagnement technique et de mieux défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics.