Portée par la Côte d’Ivoire, cette initiative entend fédérer les États africains autour d’une réponse commune à un phénomène dont les conséquences dépassent largement les frontières nationales.
Le ministre Abou Bamba a défendu la nécessité d’une action collective face à l’ampleur du problème.
« L’exploitation minière artisanale et à petite échelle illégale dévaste nos terres, empoisonne nos cours d’eau, détruit nos forêts et menace la santé ainsi que les moyens de subsistance de millions de nos concitoyens », a-t-il déclaré.
Il a souligné que les conséquences de cette activité touchent directement la sécurité alimentaire, la biodiversité et la résilience climatique des pays africains. Et de soutenir que le phénomène est alimenté par des réseaux transnationaux et la demande mondiale, tandis que les moyens de contrôle et les dispositifs nationaux d’application de la loi restent insuffisants.
« L’Afrique se lève pour défendre son patrimoine naturel. La coalition que nous lançons aujourd’hui est bien plus qu’une déclaration politique. Elle constitue un mécanisme stratégique, opérationnel et pérenne », a expliqué Abou Bamba, précisant qu’aucun pays, quel que soit son niveau d’engagement, ne peut relever seul ce défi.
« En lançant cette coalition à Oulan-Bator, l’Afrique adresse un message clair : nous n’attendons pas. Nous prenons l’initiative. Nous ne nous contentons pas de réagir. Nous agissons. Nous ne sommes pas isolés. Nous sommes unis », a clamé le ministre ivoirien.
Pour la Côte d’Ivoire, la mise en place de ce mécanisme constitue une étape importante vers une réponse africaine plus coordonnée et durable.
La coalition devrait notamment permettre aux États membres de renforcer leur coopération transfrontalière, de partager davantage les renseignements et d’harmoniser leurs politiques ainsi que leurs mécanismes de lutte contre l’exploitation minière illégale.
La mise en place d’une plateforme géospatiale commune figure également parmi les ambitions annoncées. Elle devrait permettre de mieux identifier et cartographier les principales zones touchées par l’exploitation minière illégale sur le continent.
Au-delà de la lutte contre l’exploitation illégale, la coalition veut également mobiliser des ressources pour restaurer les terres dégradées et accompagner les communautés dans le développement d’activités économiques durables alternatives à l’exploitation minière.
Le choix de la COP17 pour lancer cette initiative n’est pas anodin. Pour ses promoteurs, cette conférence constitue une tribune privilégiée pour porter la voix de l’Afrique et solliciter davantage l’appui de la communauté internationale dans la restauration des terres et la protection des écosystèmes.
L’Afrique franchit ainsi une nouvelle étape dans sa volonté de faire face à la dégradation des sols, à la pollution des cours d’eau et à la destruction des écosystèmes provoquées notamment par l’exploitation minière artisanale et à petite échelle illégale.