A l’ouverture, le professeur Hien Sié, représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a appelé à traduire les bonnes relations diplomatiques entre Abidjan et Rabat en projets concrets dans le secteur du cinéma. Rappelant les liens d’amitié établis depuis 1962 sous l’impulsion de Félix Houphouët-Boigny et de Hassan II, il a estimé que les deux pays devaient désormais passer d’une coopération de représentation à une véritable dynamique de création, de production et d’investissement.
Il a notamment plaidé pour la mise en place d’un portefeuille de projets cinématographiques communs, portés et financés par des producteurs ivoiriens et marocains. « Passer des projections aux coproductions », a-t-il souhaité, présentant cette ambition comme l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle édition.
Dans cette perspective, la directrice générale de Côte d’Ivoire Cinéma, Lison Diomandé Fall, a rappelé l’existence d’un accord de coopération et d’échange cinématographique signé le 28 novembre 2011 entre le Centre cinématographique marocain et l’Office national du cinéma. Ce partenariat prévoit la coproduction, la circulation des œuvres, la formation ainsi que la mise en place d’une commission mixte de suivi. Quinze ans après sa signature, elle souhaite que cet accord connaisse une application plus concrète. Elle a ainsi proposé au CCM la mise en place d’un mécanisme opérationnel destiné à accompagner les coproductions, faciliter la diffusion des films dans les salles d’Abidjan et de Rabat et renforcer les échanges entre professionnels. Mme Fall a également présenté la nouvelle organisation de Côte d’Ivoire Cinéma, désormais structurée en quatre départements, insistant sur le rôle de la Commission du film dans l’attractivité du pays auprès des productions internationales, à travers la valorisation des sites de tournage, des talents et des compétences techniques ivoiriennes. La Côte d’Ivoire dispose par ailleurs de huit accords de coproduction conclus avec des pays africains et européens.
Pour sa part, l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Othman Ferdaous, a mis en avant la dimension humaine des relations entre les deux pays. « Le cœur battant de la relation ivoiro-marocaine, ce sont les relations humaines », a-t-il déclaré, évoquant la présence de dizaines de milliers de Marocains en Côte d’Ivoire ainsi que les liens familiaux et les mariages mixtes qui rapprochent les deux populations.
Il a réaffirmé la disponibilité de l’ambassade à accompagner la mobilité des artistes et des techniciens entre les deux pays, sans manquer d’encourager les étudiants en cinéma à prendre une part active à la construction de l’imaginaire africain.
Organisée par Côte d’Ivoire Cinéma, le Centre cinématographique marocain (CCM) et le Fonds de soutien à l’industrie cinématographique (FONSIC), avec l’appui du ministère de la Culture et de la Francophonie, cette édition se déroule jusqu’au 7 novembre au Majestic Sococé. Au programme figurent des projections gratuites de dix films marocains, des master classes et des rencontres entre professionnels des deux pays.