Selon lui, la concurrence exacerbée entre les camps de Didi B et Himra crée une fracture visible sur les pistes de danse. « Où c’est arrivé là, on ne peut plus parler », regrette-t-il, évoquant une situation où jouer un titre de l’un provoque immédiatement des réactions en faveur de l’autre, cassant ainsi l’ambiance générale.
Le disc jokey explique que cette tension met en difficulté les acteurs culturels dits « neutres », dont la mission première est de rassembler. « Quand tu entames une sélection de Rap Ivoire, une partie du public ne réagit plus », déplore-t-il. Résultat : une gêne palpable lors des prestations, où les choix musicaux sont constamment remis en question par les préférences divisées du public.
Plus inquiétant encore, observe-t-il, un changement de comportement chez certains noctambules. « Des personnes ne sortent plus pour s’amuser, mais uniquement pour écouter les chansons de leur artiste », insiste le DJ. Une évolution qui, selon lui, dénature l’esprit même des sorties festives, censées être des moments de détente et de partage.
Face à cette situation, il affirme avoir pris une décision radicale : réduire, voire supprimer, les sélections de Rap Ivoire dans ses sets. « Je peux faire un set de trois heures sans jouer de Rap Ivoire et mettre tout le monde d’accord », confie-t-il. Une stratégie qu’il reconnaît risquée, notamment en termes de pertes financières, mais qu’il estime nécessaire pour préserver la qualité de ses prestations.
C’est pourquoi, il appelle à une prise de conscience collective, invitant les fans à laisser la rivalité de côté lors des sorties.
Ce cri de cœur met en lumière une problématique plus large : celle de l’impact des rivalités artistiques sur l’écosystème culturel ivoirien, où la fête peine désormais à rassembler comme auparavant.