« Notre démarche repose sur une conviction, une réforme durable de la gouvernance électorale », a indiqué Dr Anne Nadège Assahou du Centre Ahou, porte-parole de ce consortium des organisations de la société civile.
Elle précise toutefois que cette réforme repose sur l’indépendance, la compétence, l’inclusivité et la transparence.
C’est pourquoi, le « livret blanc » propose des recommandations pour plusieurs acteurs de la création et la création d’un nouvel organe de gestion électorale.
Pour la société civile, le nouvel organe électoral doit être conçu comme une institution publique indépendante, reposant sur une séparation claire des responsabilités stratégiques, techniques et pédagogiques.
« Cette nouvelle architecture s’articule autour de trois composantes complémentaires, une Commission électorale d’experts pour assurer les orientations stratégiques dans l’institution avec un mandat unique de 6 ans, non renouvelable. Cette commission devra réunir plusieurs composantes de la société : la société civile, les partis politiques, les organisations de femmes, les organisations de jeunesse, le monde la recherche, l’ordre des avocats, le conseil supérieur de la magistrature. », confie le collectif. Et d’ajouter : « Un département général du fichier électoral, une structure permanente chargé de la gestion technique, de sa fiabilité et de son audibilité. Les responsables de ce département seraient recrutés par un appel public à candidatures, afin de garantir leur compétence et la transparence et un département général de l’éducation civique et électorale qui aura pour mission de faire l’éducation civique et électorale ».
Cette nouvelle architecture consignée dans « le livret blanc » proposé par la société civile traduit la volonté de professionnaliser davantage la gouvernance électorale, tout en renforçant son indépendance.
Au-delà de cette réforme, ce livre blanc prône une révision annuelle transparente de la liste électorale, une digitalisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, la publication des résultats désagrégés par sexe et par âge à l’échelle des bureaux de vote, le renforcement de la communication publique sur le processus électoral, la lutte contre la désinformation, la formation des journalistes, la mise en place de cadres permanents de dialogue politique ainsi qu’une réforme consensuelle et inclusive du cadre normatif électoral.
Pour la société civile, les élections de 2025 en Côte d’Ivoire ont mis en évidence les défis auxquels le pays est confronté en matière de système électoral. « Si elles ont confirmé la vitalité de notre vie démocratique, elles ont également révélé la persistance de la fragilités institutionnelles », a-t-elle fait observer.
Objet de vives critiques, notamment par l’opposition, l’ex-commission électorale indépendante (CEI) en vigueur depuis les années 2000 a été dissoute en mai 2026.
Ce projet bénéficie de l'appui financier de European Partnership for Democraty (un réseau de de 20 organisations européennes présentes dans 140 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique latine).