Cette mobilisation spontanée, suscitée par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, force le respect. Car, selon l’initiateur, la collecte a rassemblé près de 38 millions de FCFA en 18 heures, lors de l’émission Willy à Midi de Life TV, ce vendredi 27 février 2026.
Mais au-delà de l’émotion et de l’élan du cœur, le moment est venu de réfléchir sérieusement et durablement sur les conditions de vie et de travail de nos stars.
Des cas nous interpellent.
Le célèbre gardien de but des Eléphants des années 80 et 90, Marcel Zagoli Golié, a connu de grandes difficultés au soir de sa vie, malgré quelques élans de solidarité, avant de tirer sa révérence en juillet 2024 à l’âge de 63 ans.
S’agissant des anciens footballeurs, l’État de Côte d'Ivoire a pris des mesures en 2020, notamment un suivi médical, des distinctions honorifiques et le versement d’une pension mensuelle de 300 000 francs CFA à des anciennes gloires du football ivoirien. Ces décisions visent à soutenir ceux qui ont marqué l’histoire sportive nationale et qui, après leur carrière, se retrouvent parfois en situation de précarité.
Mais qu’en est-il des acteurs qui ont fait les beaux jours du cinéma ivoirien ? Existe-t-il pour eux un véritable statut professionnel, un profil de carrière, une protection sociale ?
Des dispositions juridiques encadrent-elles réellement le secteur, afin d’obliger les producteurs de films et de séries à recruter des professionnels du métier, plutôt que de recourir à une main-d’œuvre sous-payée ? Peut-on permettre aux acteurs ivoiriens de vivre dignement de leur art ?
Autant d’interrogations qui appellent à des réponses structurelles et systémiques, et non des solutions sporadiques dictées par l’émotion.
L’actrice Bienvenue Koffi, connue pour ses rôles dans les séries « Faut pas fâcher » et « Les nounous », a récemment dénoncé la précarité dans laquelle vivent de nombreux comédiens ivoiriens, souvent contraints de financer eux-mêmes leurs prestations pour continuer à exister sur la scène artistique nationale.
Cette situation soulève également la question de la place accordée à la recherche scientifique dans nos États. En Côte d'Ivoire, le budget alloué à la recherche demeure autour de 1 %, quand d’autres pays investissent massivement dans la production du savoir. Or, il est largement admis que la recherche éclaire les choix stratégiques des gouvernants et favorise des politiques publiques durables et efficaces.
Il est temps de faire confiance à l’expertise locale, de permettre aux chercheurs et spécialistes de proposer des solutions concrètes, afin d’aider les décideurs à prendre des mesures courageuses et pérennes. À défaut, nous continuerons à agir dans l’urgence, au gré des polémiques et des drames, laissant les antivaleurs supplanter progressivement nos valeurs nationales.
Avant Fortuné Akakpo, il y a eu l’acteur comédien Zoumana de son vrai nom Troupa Gbizié Bruno, Ange Keffa, surnommée "Ange la vitesse", pour ne citer qu’eux, qui ont fait face à ces mêmes difficultés.
Que ceux qui ont des oreilles entendent.