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Côte d’Ivoire : neuf pharmaciens ivoiriens jugés pour un détournement présumé de médicaments et de blanchiment de capitaux
Nation

Côte d’Ivoire : neuf pharmaciens ivoiriens jugés pour un détournement présumé de médicaments et de blanchiment de capitaux

Abidjan, le mardi 3 février 2026(ivoire.ci)-Neuf pharmaciens ivoiriens, dont une femme, sont jugés pour des faits liés à la fourniture, au stockage, à la distribution et à la vente de médicaments en dehors du circuit officiel. Ils sont également accusés de blanchiment de capitaux ainsi que de faux et usage de faux dans des documents administratifs, écrit La voie originale dans sa parution numéro 1401 du vendredi 30 janvier au dimanche 1er février 2026 à la page 5.

Selon le journal, la procédure met en cause la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire (NPSP), organisme chargé d’approvisionner les structures sanitaires publiques. Ainsi, l’audience du 28 janvier 2026 a constitué une étape importante du dossier.

Les prévenus, leurs avocats, le ministère public et le représentant de la NPSP, constituée partie civile, étaient à l’audience.

D’abord, le tribunal a entendu le docteur Okon Amany Landry, Pharmacien au moment des faits qui exerçait en mars 2023 comme chef de service à l’hôpital Saint Jean Baptiste de Bodo à Tiassalé, où il supervisait les stocks et les commandes de médicaments.

M. Okon a expliqué avoir effectué une commande urgente pour son établissement dans le cadre d’une campagne de prise en charge des fistules obstétriques. Il a aussi indiqué avoir été sollicité par des agents d’autres hôpitaux, notamment à Aboisso.

À la barre, il a reconnu qu’un camion transportant les médicaments s’était arrêté à son domicile à Abidjan ; afin d’y déposer une partie des produits destinés à un confrère. 

Questionné sur l’absence de commande directe de ce collègue, il a déclaré que l’établissement concerné rencontrait des difficultés de paiement, contrairement à l’hôpital de Tiassalé dont les factures étaient réglées, rapporte le quotidien.

Le tribunal a ensuite donné la parole à Diomandé Brahima, chef du département des Affaires juridiques et du Contentieux de la NPSP, précise le journal. Partie civile, il a affirmé que des médicaments sortis des entrepôts de la NPSP ne seraient pas parvenus aux structures destinataires. Selon ses déclarations, certains produits commandés par des pharmaciens ne sont pas arrivés à destination, souligne le journal.

M. Diomandé a précisé que la NPSP avait saisi la Direction de la Police des stupéfiants et de la drogue, afin de mener des investigations. Selon lui, les enquêtes ont montré que des médicaments quittant les entrepôts n’étaient pas livrés aux établissements prévus.

Enfin, de leur côté, les avocats de la défense ont évoqué des pratiques d’échanges de médicaments entre pharmacies hospitalières publiques, pour faire face à des situations d’urgence et éviter des ruptures de stock. 

Pour sa part, le représentant de la NPSP a indiqué que de tels échanges ne sont possibles que sous le contrôle de l’institution et dans le respect des règles de traçabilité.

Un avocat a soutenu que le manuel de procédures autoriserait, en cas d’urgence, certains échanges sans intervention directe de la NPSP. Cet élément a été versé aux débats.

La défense a également mentionné des propos attribués au Directeur général de la NPSP lors de l’enquête préliminaire, selon lesquels des produits auraient été livrés sans factures. Il a été indiqué à l’audience que 9 000 flacons auraient été distribués sans facturation et 1 000 autres sans traçabilité.

À  l’issue de la séance, le tribunal a renvoyé l’affaire au 23 février 2026 en raison de l’absence de certains avocats. Les auditions doivent reprendre à cette date, avant les réquisitions du Parquet et les plaidoiries annoncées pour le 24 février 2026, conclut la voie originale.

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