Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, assurait la modération de cette conférence, en présence notamment de la ministre d’État Anne Désirée Ouloto et de la directrice du CICG, Awa Dosso.
Souleymane Diarrassouba a retracé les grandes étapes de la politique de planification en Côte d’Ivoire. Il a rappelé la période de prospérité économique des années 1960 à 1980, souvent qualifiée de « miracle ivoirien », durant laquelle le pays enregistrait un taux de croissance annuel réel moyen de 7,3 %.
Le ministre a évoqué la période 1980-2010, marquée par la mise en œuvre de quatre Programmes d’ajustement structurel (PAS) entre 1981 et 1992, puis du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) entre 2000 et 2010. Selon lui, cette période a été caractérisée par une croissance moyenne faible de 1,3 %, tandis que le taux de pauvreté est passé de 10 % en 1985 à 48,9 % en 2008, puis à 55,4 % en 2011.
Depuis 2012, a-t-il poursuivi, la relance de la politique de développement repose sur des Plans nationaux de développement (PND) quinquennaux. Le PND 2016-2020 a mobilisé 30 000 milliards de FCFA, le PND 2021-2025 59 000 milliards de FCFA, et le nouveau PND 2026-2030 prévoit un investissement global de 114 838,5 milliards de FCFA.
Souleymane Diarrassouba a souligné que, sur le plan économique, le taux de croissance du PIB réel s’est établi en moyenne à 8,1 % entre 2012 et 2019. Après un ralentissement à 0,7 % en 2020, lié à la pandémie de COVID-19, l’économie ivoirienne a rebondi avec une croissance moyenne de 6,5 % sur la période 2021-2025.
Le PIB par habitant a également connu une progression significative, passant de 1 546,9 dollars américains, soit 789 803 FCFA, en 2012 à 3 148,2 dollars américains en 2025.
Au plan social, le ministre a mis en avant les investissements réalisés dans les infrastructures économiques, l’éducation, la santé, l’électricité, l’eau potable, le logement et le capital humain. Il a naturellement indiqué que le programme des Filets sociaux productifs
le capital humain, indiquant que le programme des Filets sociaux productifs a bénéficié à 527 000 ménages depuis son lancement en 2017, pour un montant cumulé de plus de 156 milliards de FCFA.
Les ambitions du PND 2026-2030
Le nouveau Plan national de développement vise plusieurs objectifs majeurs d’ici 2030. Le gouvernement ambitionne de porter le taux de croissance moyen à 7,2 % par an, avec une progression de 6,7 % en 2026 à 7,6 % en 2030.
Parmi les autres cibles annoncées figurent :
Le relèvement du PIB par habitant de 3 148,2 dollars américains à 4 500 dollars
américains, soit une hausse de 43 % ;
La réduction du taux de pauvreté de 37,5 % à moins de 20 % ;
L’augmentation de la population en emploi de 11,5 millions à 14 millions de personnes ;
L’amélioration de l’Indice de capital humain de 0,38 à 0,7 ;
L’accélération de la transformation locale des matières premières, notamment le cacao de 42 % à 50 % et le cajou de 45 % à 70 %.
Répondant aux préoccupations relatives au risque de surendettement, le ministre a assuré que la Côte d’Ivoire demeure dans une situation maîtrisée. Il a rappelé que, le 24 juin 2026, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont classé le pays parmi ceux présentant un faible risque de surendettement, tant pour la dette extérieure que pour la dette publique totale.
Selon lui, le succès du Groupe consultatif du PND, tenu les 8 et 9 juillet 2026, constitue une preuve supplémentaire de la confiance des partenaires et investisseurs dans les perspectives de développement de la Côte d’Ivoire.
Souleymane Diarrassouba a également indiqué que le PND 2026-2030 accordera une attention particulière à l’enseignement technique et professionnel, aux logements sociaux, à la promotion des champions nationaux, à la lutte contre l’orpaillage illégal, ainsi qu’au renforcement des infrastructures routières et des transports de masse, notamment le train et le Bus Rapid Transit (BRT).
Pour terminer, le ministre a annoncé qu’à l’horizon 2030, la population ivoirienne devrait atteindre 36 millions d’habitants. Il a précisé que le nouveau PND entend aussi réduire la pauvreté en zone rurale à travers la mise en place de neuf pôles économiques régionaux et une réforme de la fonction publique territoriale, afin de faire des régions de véritables moteurs de croissance.