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Côte d'Ivoire : Mardi Gras à Abidjan, entre éclats de rire et grogne chez de nombreux  parents
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Côte d'Ivoire : Mardi Gras à Abidjan, entre éclats de rire et grogne chez de nombreux parents

Abidjan, le mardi 17 février 2026( ivoire.ci)-Abidjan s’est réveillée ce mardi 17 février 2026 aux rythmes des tambours et des rires d’enfants. Dans plusieurs quartiers de la capitale économique ivoirienne, les rues sont aux couleurs de tenues traditionnelles venues des quatre coins du pays et même d'Afrique. Boubous éclatants, perles, pagnes tissés et coiffes soigneusement ajustées : les tout-petits des écoles maternelles ont investi les artères de plusieurs communes, célébrant Mardi Gras dans une ambiance festive.

Mais derrière les sourires et les pas de danse, une autre réalité se dessine: la pression financière liée aux déguisements. 

Dans plusieurs établissements, la fête a un coût. Entre 5 000 et 15 000 francs CFA sont parfois exigés par enfant pour participer aux activités. À cela s’ajoute l’achat de tenues traditionnelles, dont le prix peut varier entre 5000 et 15 000 francs CFA. 

Pour certaines familles, la facture devient lourde. Madame Koné, mère d’un garçon de 5 ans en grande section, ne cache pas son malaise. « À chaque célébration, nous avons quelque chose à payer. Pour mon fils, j’ai dû verser 5 000 francs et acheter une tenue traditionnelle à 15 000 francs. Le pire, c’est qu’il est difficile de ne pas participer. Les enfants sont préparés psychologiquement à l’événement », confie-t-elle.

De même pour madame N’da, parent d'élève.

" J'ai déboursé la somme de 10.000 Fcfa pour la tenue ainsi que la participation de ma fille à Mardi Gras. C'est vraiment de trop déjà que les coûts de la scolarité et la cantine sont assez élevés. Au cours de l'année scolaire, il y a au moins 3 fêtes, au cours desquelles les parents devrions payer. Il faut vraiment revoir cet aspect", déplore telle, visiblement partagée entre le désir de faire plaisir à son enfant et la pression financière.

Car refuser, c’est parfois exposer son enfant à se sentir écarter. Une situation que plusieurs parents dénoncent discrètement, évoquant une succession d’activités festives devenues, selon eux, de véritables sources de revenus pour certains établissements.

Pour d'autres familles, tout n’est pas qu' uniforme.

À la maternelle municipale de Treichville, l’ambiance est tout aussi joyeuse, mais sans contribution financière exigée aux parents. Dans la cour de l’école, les enfants célèbrent les cultures ivoiriennes et africaines dans un esprit d’inclusion.

Madame Monica Kouamé, parent d’élève, témoigne avec enthousiasme : « Ma fille est radieuse en tenue N’zima. C’est la culture N’zima qui est à l’honneur. Je n’ai absolument rien payé. Elle a été habillée et préparée pour la danse de l’ethnie célébrée. Vraiment, ça fait plaisir. »

Ici, les préparatifs ont duré deux semaines. Faussena Gueye, enseignante à la maternelle, explique l’implication de l’équipe pédagogique : « Nous préparons nos enfants depuis deux semaines pour obtenir ce magnifique résultat, dans la cohérence et la joie. Nos enfants s’éclatent et on ne demande pas plus. »

Au-delà des confettis et des chants, Mardi Gras à Abidjan met ainsi en lumière deux réalités : celle d’une fête culturelle enrichissante pour les tout-petits, et celle d’une pression financière qui pèse sur les parents. Entre tradition, éducation et business, la célébration interroge sur l’équilibre à trouver pour que la magie de l’enfance ne devienne pas un luxe.

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