Selon l'étude, les systèmes de justice formels et informels continuent de coexister sur le continent. Près de la moitié des personnes interrogées affirment qu'elles se tourneraient d'abord vers la police ou les tribunaux locaux pour résoudre un litige.
Cependant, plus d'un quart des répondants privilégieraient les chefs traditionnels, les tribunaux coutumiers ou les anciens pour régler leurs différends.
Le rapport met également en lumière une confiance limitée envers les institutions judiciaires. Seule une personne sur deux estime que les citoyens ordinaires peuvent obtenir justice devant les tribunaux. À peine 51 % des répondants pensent pouvoir bénéficier d'un jugement équitable, tandis que seulement 43 % jugent probable qu'une affaire soit traitée dans un délai raisonnable.
Le sentiment d'inégalité devant la loi est particulièrement marqué. En moyenne, 59 % des Africains interrogés considèrent que les citoyens sont souvent ou toujours traités de manière inégale par la justice. Cette perception est renforcée par l'idée que les personnes influentes bénéficient d'un traitement de faveur. Près de la moitié des répondants (48 %) estiment que les dirigeants politiques, hauts fonctionnaires ou autres personnalités puissantes reçoivent des sanctions trop indulgentes lorsqu'ils sont reconnus coupables d'infractions.
L'accès à la justice reste par ailleurs limité par des contraintes financières. Moins de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir les moyens de payer une assistance juridique ou d'assumer les frais liés à une procédure judiciaire. Ainsi, seuls 46 % pensent pouvoir s'offrir les services d'un avocat et 44 % pensent être en mesure de porter une affaire devant un tribunal.
Réalisée dans le cadre du dixième cycle d'enquêtes d'Afrobarometer, cette étude repose sur 50 961 entretiens menés entre 2024 et 2025. Les résultats dressent le portrait d'une justice encore confrontée à d'importants défis en matière d'équité, d'efficacité et d'accessibilité sur le continent africain.