« La Côte d’Ivoire compte environ 3 millions de personnes susceptibles de présenter un problème mental, nécessitant des soins adaptés », a indiqué le professeur Koua Asseman Médard.
Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer l’offre de soins et améliorer l’accès à la prise en charge psychologique et psychiatrique.
Pour ce faire, il a mis en avant les résultats des dispositifs d’assistance psychologique mis en place. Selon lui, environ 3 000 personnes ont bénéficié gratuitement de ces services, permettant d’éviter plus de 250 décès ou tentatives de suicide.
Malgré ces avancées, l’accès aux structures psychiatriques conventionnelles demeure un défi. « Seulement 60 000 à 70 000 sont dans les structures psychiatriques conventionnelles », a précisé le professeur Koua Asseman Médard, soulignant l’importance de faciliter l’accès aux soins pour les personnes concernées.
Le dispositif national de santé mentale connaît néanmoins une évolution. « Environ 100 structures spécialisées en santé mentale, soit une augmentation de 40 % entre 2019 et 2025 », a-t-il ajouté.
Cette progression traduit le développement de l’offre spécialisée au cours de la période considérée. Elle intervient dans un contexte où les besoins restent importants, au regard du nombre de personnes susceptibles de nécessiter un accompagnement adapté.
Pour répondre à ces besoins, le gouvernement mise notamment sur l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires et dans le dispositif de la Couverture maladie universelle (CMU). Le renforcement des ressources humaines, l’accompagnement des structures non conventionnelles et le recours au numérique pour faciliter l’accès aux services figurent parmi les axes d’intervention présentés par le directeur coordonnateur du PNSM.
Le responsable a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour faire de la santé mentale une priorité nationale. Longtemps entourée de tabous, elle constitue un enjeu majeur de santé publique, particulièrement pour les jeunes, qui peuvent être confrontés à des troubles psychologiques et à des risques suicidaires.
Au-delà du renforcement des infrastructures et des dispositifs d’assistance, la lutte contre la stigmatisation reste essentielle pour encourager les personnes en difficulté à consulter. « Plus on consulte tôt, mieux on se rétablit. Personne ne doit rester seul face à sa détresse », a rappelé Koua Asseman Médard.