Cette immersion de proximité vise à arrimer davantage l’action publique aux réalités vécues par les acteurs de la filière. « Nous ne pouvons réussir sans travailler avec les acteurs de terrain », a insisté le ministre, plaidant pour une modernisation accélérée des pratiques agricoles et une réduction de la pénibilité du travail.
Une coopérative performante… mais sous pression
Sur place, la directrice générale de la Société coopérative agricole de Yakassé-Attobrou, Awa Traoré, a dressé un tableau contrasté. Forte de plus de 3 300 producteurs répartis en 65 groupements, la coopérative exploite plus de 12 500 hectares pour une production annuelle de 8 479 tonnes de cacao, avec une traçabilité complète et une certification Rainforest Alliance sur une partie des surfaces.
Mais derrière ces performances se cache une inquiétude majeure : près de 2 000 tonnes de cacao restent invendues depuis fin décembre. Une situation qui fragilise la trésorerie, expose les producteurs à l’endettement et fait planer la menace d’un chômage technique.
Les responsables pointent notamment les contraintes liées au système de contrepartie à l’exportation, jugé limitant pour l’accès direct aux acheteurs internationaux.
L’État attendu sur des solutions concrètes
Face à cette impasse, les producteurs appellent à la mise en place de mécanismes de garantie pour faciliter l’accès aux marchés extérieurs. Dans leur viseur également : la création d’une unité locale de transformation capable de traiter 3 000 tonnes par an, afin de mieux capter la valeur ajoutée.
Prenant acte des préoccupations, le ministre a réaffirmé le rôle central de l’agriculture dans l’économie ivoirienne et promis un examen approfondi des propositions. Les décisions à venir, a-t-il assuré, devront préserver l’équilibre de la filière tout en protégeant les revenus des producteurs, ces « soldats invisibles de l’économie ».