Longtemps salué pour ses résultats et sa capacité à redonner une identité à la sélection ivoirienne, le technicien ivoirien semble ne plus être l’homme providentiel au vu de ces dernières actualités sportives ivoiriennes.
Si la qualification historique pour le Mondial 2026 constitue une performance, le parcours des Éléphants sur la scène mondiale a laissé un goût d'inachevé.
Après une entrée réussie face à l'Équateur (1-0), grâce à une charnière centrale Wilfried Singo – Emmanuel Agbadou solide et complémentaire, Emerse Faé a surpris en modifiant son dispositif dès le match suivant.
Le retour d'Odilon Kossounou dans l'axe a entraîné le repositionnement de Singo au poste de latéral droit, reléguant Guéla Doué sur le banc. Un choix qui a modifié les équilibres défensifs de l'équipe et fragilisé une arrière-garde jusque-là rassurante.
Les critiques se sont accentuées lors de la défaite face à l’Allemagne 2-1. Face au Curaçao, il y a eu des failles et un manque de complémentarité entre les joueurs malgré la victoire (2-0). En effet, l’équipe ivoirienne a montré un jeu peu reluisant, mais couvert par les deux buts de Nicolas Pépé.
Également le seizième de finale perdu contre la Norvège (1-2). Le sélectionneur est notamment pointé du doigt pour avoir remplacé Christ Inao Oulaï à l'heure de jeu, alors que le milieu ivoirien apparaissait comme le joueur le plus performant sur le terrain.
Nombreux sont ceux qui estimaient que Franck Kessié ou Ibrahim Sangaré, en difficulté, auraient dû céder leur place. Épuisés physiquement, les deux joueurs n’ont pas fait une bonne fin de match.
Selon une source, Emerse Faé aurait caché le fait que Seko Fofana soit blessé avant le match face au Curaçao et n’ayant plus de milieu le sélectionneur ivoirien a été contraint d’utiliser ses attaquants pour combler ce vide. Et pourtant, Guiagon Parfait avait sa place dans le jeu.
Autre décision controversée : la sortie de Nicolas Pépé à quatre minutes du terme, lors de cette rencontre. Auteur de la passe décisive sur le but d'Amad Diallo, l'ailier de Villarreal était l'un des principaux animateurs offensifs ivoiriens avant d'être remplacé par Oumar Diakité.
Des choix qui alimentent le débat sur la lecture tactique du sélectionneur et sur sa capacité à prendre des décisions fortes face à certains cadres de l'équipe.
Une gestion du groupe également remise en question
Au-delà de l'aspect tactique, plusieurs choix en sélection interrogent. Emerse Faé avait en particulier retenu Evann Guessand malgré une blessure au genou. L'attaquant n'a finalement disputé que 17 minutes durant toute la compétition, dont 16 minutes face à l'Allemagne et une seule contre la Norvège.
La présence de Jean-Michaël Seri a également suscité des interrogations. Le milieu de 34 ans, qui sortait d'une saison discrète avec seulement 14 matches disputés sous les couleurs de Maribor, n'a quasiment pas pesé sur le parcours ivoirien.
Il n'a joué que 13 minutes lors de la victoire contre Curaçao (2-0), restant même sur le banc lors du large turn-over effectué pour cette rencontre.
Ces décisions ont nourri les critiques sur la gestion de l'effectif et l'influence grandissante des cadres au sein du groupe, certains observateurs estiment que le sélectionneur a parfois manqué de fermeté dans ses choix.
CAN 2025 et Mondial 2026 : le doute s'installe
L'élimination en quarts de finale de la CAN 2025 avait déjà marqué un premier coup d'arrêt après l'euphorie du titre continental. La Coupe du monde 2026 devait permettre aux Éléphants de confirmer leur nouveau statut sur la scène internationale. Au contraire, cette élimination prématurée face à la Norvège a mis en lumière certaines limites tactiques et managériales.
Si Emerse Faé conserve le mérite d'avoir offert à la Côte d'Ivoire une troisième étoile continentale et une qualification historique en seizièmes au Mondial 2026, ses récents résultats relancent inévitablement le débat sur son avenir à la tête des Eléphants.