À 12h15, la CZ 10B a décollé du Centre de lancement spatial commercial de Hainan, dans le sud de la Chine, et a atteint facilement son orbite prévue. Six minutes après la séparation de son deuxième étage, le premier étage a entamé une descente verticale contrôlée avant d’être réceptionné en douceur par le navire plateforme « Linghangzhe » (Pilote) en attente en mer de Chine méridionale.
La plateforme de récupération, vue d’en haut, ressemble à un grand filet en forme de « 井 ». Le premier étage de la CZ 10B a été doucement retenu et amorti par ce filet flexible, assurant une récupération stable et intacte.
Cette mission constitue une double première. C'est la première fois que la Chine réalise une récupération contrôlée du premier étage d’une fusée et c’est la première fois au monde qu’un système de récupération au filet marin est mis en œuvre avec succès. Désormais, la Chine, puissance spatiale en pleine ascension, dispose d’un lanceur récupérable et réutilisable.
Ce système de récupération au filet se distingue par son ingéniosité : il minimise les modifications nécessaires sur la fusée et constitue une solution plus légère que l’atterrissage vertical classique. Contrairement aux fusées équipées de pattes d’atterrissage, la CZ 10B n’a pas besoin de ce dispositif lourd : la plupart de l’énergie cinétique est absorbée par le filet, réduisant considérablement les chocs à l’atterrissage. Des chiffres illustrent cette efficacité : cette technologie permet d’économiser environ 2 tonnes de poids mort sur la fusée, avec une perte de capacité de charge limitée à seulement 15,8 %.
Selon les estimations, le coût de ce premier lancement pourrait être réduit d’environ 60 %. L’avantage direct est une baisse significative des coûts de lancement des satellites en orbite basse, ce qui renforcera considérablement la capacité de la Chine à déployer rapidement et massivement des constellations de satellites en orbite basse.
Avec la Longue Marche 10B et son système de récupération au filet marin, la Chine démontre une nouvelle fois sa capacité à innover dans le domaine spatial. Cette solution économique et légère brise les limites des techniques de récupération traditionnelles, et promet un avenir plus abordable pour les lancements de satellites en orbite basse. Plutôt que de suivre les modèles établis, la Chine propose une alternative originale qui enrichit les outils de l’exploration spatiale mondiale.