Présidé par Raymond Kouassi Kra, professeur titulaire en communication des organisations à l’Université Félix Houphouët-Boigny, le jury a examiné les travaux de recherche de l’impétrant au terme d’une soutenance riche en enseignements scientifiques.
Partant du constat de la réoccupation progressive des espaces verts, notamment des jardins publics, à des fins résidentielles et commerciales, Eugène Kouadio Yao a consacré ses recherches à la question de la communication environnementale et de son rôle dans la préservation de ces espaces dans le District d’Abidjan.
L’étude, inscrite dans le champ de la communication environnementale, s’appuie sur une approche qualitative menée auprès d’un échantillon de 48 personnes. Elle analyse les différentes formes de communication développées autour des espaces verts ainsi que leur influence sur leur préservation.
Des insuffisances dans la communication environnementale
Les résultats de la recherche mettent en évidence plusieurs limites dans les dispositifs existants. Ils révèlent notamment des dysfonctionnements de la communication normative et de la communication médiatique, un déficit de communication ciblée en direction des populations ainsi qu’une faible implication de celles-ci dans la gestion des espaces verts.
Or, ces espaces jouent un rôle important dans le bien-être des populations. « Plusieurs études épidémiologiques associent ces lieux à de meilleurs indicateurs de santé », souligne le nouveau docteur.
Selon Eugène Kouadio Yao, les difficultés qui entravent la protection des espaces verts dans le District d’Abidjan sont notamment liées à une méconnaissance de leurs fonctions sociales. Ses travaux mettent également en évidence la multiplicité des acteurs intervenant dans leur gestion, une situation susceptible de générer des chevauchements et des conflits de compétences.
Une stratégie de communication à plusieurs niveaux
Pour contribuer à une meilleure préservation des espaces verts, le chercheur formule plusieurs recommandations. Il préconise notamment de renforcer l’éducation des populations urbaines sur les bienfaits de ces espaces, de vulgariser les textes réglementaires qui encadrent leur gestion et de mettre en œuvre une campagne de communication médiatique régulière à travers les radios, les télévisions, la presse écrite et les réseaux sociaux.
Il propose également la production de spots en langues locales, de podcasts et de vlogs, ainsi que l’organisation de rencontres avec les chefs de communautés afin de faire de ces derniers des relais de sensibilisation auprès des populations.
Le recours à la communication interpersonnelle est également recommandé pour sensibiliser les élus locaux, notamment les maires, à l’importance d’une véritable culture des espaces verts.
Le chercheur suggère par ailleurs l’organisation d’ateliers de formation et la mise en place d’une synergie d’actions entre les différents acteurs concernés, notamment les ministères, le District d’Abidjan et les mairies, afin de réduire les conflits de compétences. Il appelle à instaurer une véritable éducation citoyenne à l’environnement, de manière à favoriser l’engagement des communautés dans la défense et la préservation de leur cadre de vie.
Un parcours marqué par la résilience
Au terme de la soutenance, le président du jury, Raymond Kouassi Kra, a félicité Eugène Kouadio Yao pour son courage et sa résilience tout au long de son parcours doctoral.
« À un moment donné, Eugène a voulu abandonner », a-t-il confié, avant d’ajouter : « Chaque thèse a une histoire. »
Le jury était composé de Raymond Kouassi Kra, président du jury et professeur titulaire en communication des organisations à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan ; d’Angeline Nanga-Adjaffi, directrice de thèse et professeure titulaire en communication sociale à l’Université Félix Houphouët-Boigny ( directrice de thèse) ; d’Innocent Kouamé Kouassi, rapporteur et professeur titulaire en sciences de gestion de l’environnement à l’Université Nangui-Abrogoua ; de Allangba Yéboué, rapporteur et maître de conférences en communication pour le développement à l’Université Félix Houphouët-Boigny ; et de Koné Bassémory, examinateur et professeur titulaire en communication pour le développement à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.
Journaliste ivoirien, Eugène Yao fait désormais partie du cercle des docteurs en communication.