Profitant de cette visite, Marie Ba a échangé avec la presse sur les mécanismes et dynamiques d’appropriation nationale qui sous-tendent les progrès en santé reproductive et planification familiale dans notre pays. Sans occulter le rôle des médias dans le renforcement de la sensibilisation et de la redevabilité.
Elle n’a pas tari d’éloges à l’endroit des autorités sanitaires ivoiriennes relativement à la politique mise en place, contribuant à l’amélioration des indicateurs observés par l’UCPO. Selon Mme Ba, parmi les 9 pays du partenariat, la Côte d’Ivoire a une importance particulière. (…) Sur les dernières années, le pays a enregistré des résultats très significatifs et même l’un des fers de lance du partenariat de Ouagadougou en termes d’indicateurs. Cette amélioration des indicateurs se voit avec une certaine politique mise en place, notamment la gratuité avec les jeunes depuis 2019 et plus tard étendue à toute la population sur le territoire national, », a-t-elle confié, précisant que d’autres pays bénéficiant de cette même gratuitement ; n’ont pas encore atteint le niveau de notre pays.
« C’est une décision courageuse prise par les autorités ivoiriennes qu’il faut louer et nous pensons qu’elle va porter plus de fruits au fil des années, et donner plus d’impact et d’accès équitable des femmes aux services de santé reproductive… », a-t-elle indiqué, saluant le focus sur les adolescents et les jeunes scolarisés et non scolarisés.
En outre, la directrice de l’UCPO espère voir une multiplication de ce type de centre sur le territoire ivoirien pour une hausse plus significative des indicateurs, et surtout dans les autres pays membres. Car, pour elle, la planification familiale est un vecteur de développement durable, d’intégration régionale et de résilience face aux défis socio-économiques.
Pour Dr Fatoumata Touré, directrice Coordonnatrice du Programme National de Santé de la mère et de l’Enfant (DC-PNSME), le choix porté sur la Côte d’Ivoire est une marque de confiance, mettant en lumière la volonté du pays à s’inscrire pleinement dans la vision d’une Afrique francophone, où un accès facile à la planification familiale de qualité sauve et améliore la vie des femmes et des jeunes. « La Côte d’Ivoire est heureuse pour cette visite du partenariat de Ouagadougou pour s’informer des avancées en matière de planification familiale, en vue de mieux l’accompagner afin d’atteindre ses objectifs à l’horizon 2030. », a fait savoir la directrice du DC-PNSME.
De son côté, Dr Assi Constantin, médecin chef du centre, a expliqué que la planification familiale et la prévention des grossesses en milieu scolaire font partie de ses priorités. « Nous menons des activités en mettant l’accent sur tout ce qui est planification familiale en milieu scolaire et non scolaire. », a-t-il dit, soulignant l’honneur fait à son centre d’accueillir cette visite de terrain de la directrice de l’UCPO.
Le Partenariat de Ouagadougou est l’une des plateformes régionales les plus influentes dédiées à la planification familiale et à la santé reproductive en Afrique de l’Ouest francophone. Lancé en 2011, il a permis de renforcer l’engagement politique, la collaboration régionale et l’action coordonnée entre gouvernements, société civile, jeunes leaders et partenaires techniques, afin d’élargir l’accès aux services de santé reproductive et d’améliorer le bien-être des femmes et des filles dans la région. Son ambition est de transformer concrètement la vie des femmes, des couples et des communautés, en s’appuyant sur deux principes fondamentaux, à savoir une meilleure coordination des bailleurs de fonds pour un soutien financier et technique plus efficace et un renforcement de la collaboration nationale et régionale, pour atteindre les besoins longtemps ignorés en matière de planification familiale. Dans son nouveau plan stratégique à l’horizon 2030, le Partenariat entend mettre l’accent de plus en plus sur l’appropriation nationale, la viabilité financière, l’équité, la résilience et le leadership des jeunes, pour garantir des progrès durables en matière de santé et de droits reproductifs pour tous. Il regroupe 9 pays africains : le Bénin, le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Togo.