Mohamed Ould Abdel Aziz, âgé de 69 ans, avait d’abord été condamné en décembre 2023 à cinq ans de prison ferme. En mai 2025, la cour d’appel avait alourdi la peine à quinze ans, estimant qu’il avait profité de ses fonctions pour bâtir une fortune considérable. Saisie par sa défense, la Cour suprême a rejeté son pourvoi, confirmant ainsi la décision rendue en appel.
Arrivé au pouvoir en 2008 à la suite d’un coup d’État, Mohamed Ould Abdel Aziz a dirigé la Mauritanie jusqu’en 2019. Cette chute intervient sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son successeur et ancien compagnon d’armes, autrefois son fidèle chef d’état-major, puis ministre de la Défense. Les relations entre les deux hommes s’étaient rapidement dégradées après la passation de pouvoir.
Sa condamnation fait de lui l’un des rares anciens dirigeants africains à être sanctionné pour des faits d’enrichissement illicite, une infraction financière rarement punie au plus haut niveau de l’État. Sur le continent, les anciens chefs d’État sont plus souvent poursuivis pour des crimes politiques ou de guerre que pour corruption.
Mohamed Ould Abdel Aziz est détenu depuis janvier 2023.