Le prétendu communiqué, arborant le logo et les insignes officiels de la présidence du Faso, a été partagé notamment par la page Facebook Scoop Africa avant d’être relayé sur plusieurs autres comptes. Le texte évoque une supposée prise de position du Burkina Faso dénonçant des « actes d’intervention et d’agression » des États-Unis contre le Venezuela et appelant à garantir la sécurité et l’intégrité physique de Nicolás Maduro.
Cette publication intervient dans un contexte de forte tension internationale, marqué par des rumeurs faisant état d’une opération militaire américaine menée dans la nuit du 3 janvier 2026 au Venezuela, visant l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse pour des accusations de narcoterrorisme et de trafic de drogue.
Absence totale de source officielle
Première étape de notre vérification : la consultation des canaux officiels de communication de la présidence du Faso. Ni la page Facebook officielle, ni le compte X (ex-Twitter), ni aucun autre support institutionnel n’ont publié de communiqué relatif à une telle exigence ou à la situation évoquée au Venezuela.
Mieux encore, dans la soirée suivant la diffusion du faux document, la présidence du Faso a publié un message d’alerte mettant en garde contre la désinformation et appelant les internautes à se référer exclusivement aux canaux officiels pour toute information crédible.
Confirmation des autorités burkinabè
Afin d’aller plus loin, nous avons contacté Nomwendé Rémi Ouédraogo, chargé de communication au ministère de la Communication du Burkina Faso. Celui-ci a formellement démenti l’authenticité du document et confirmé qu’il ne s’agit pas d’un communiqué officiel de l’État burkinabè.
Analyse technique du document
L’analyse visuelle et numérique du communiqué a été menée à l’aide d’outils de vérification d’images tels que Forensically et la recherche inversée d’images de Google. Les résultats révèlent plusieurs anomalies : incohérences graphiques, zones retouchées, différences de contraste et éléments visuels modifiés, caractéristiques typiques d’un montage.
Par ailleurs, un véritable communiqué de la Confédération des États du Sahel (AES), publié le jeudi 8 janvier par la présidence du Faso au sujet des événements survenus au Venezuela, présente une mise en forme et un contenu radicalement différent de ceux du document viral.
Au terme de ces vérifications croisées sources officielles, confirmation institutionnelle et analyses techniques le prétendu communiqué attribué à la présidence du Burkina Faso exigeant la libération immédiate de Nicolás Maduro est faux.
Il s’agit d’un cas manifeste de désinformation, rappelant l’importance pour les citoyens de vérifier les sources et de privilégier les canaux officiels avant de relayer une information sensible.
Par Ouattara Mariam