Dans les différentes communes du District autonome d’Abidjan, les coupures répétés d’électricité impactent les activités des populations, et surtout rendent la nuit de nombreuses personnes infernales.
C’est la situation que vit Diané Zeinab, étudiante résident dans la commune Abobo, qui n’a pas hésité à partager son amertume. « Quand il y a coupure d’électricité, on ne peut plus étudier correctement. Même charger les téléphones ou les ordinateurs devient difficile. À la veille des examens, c’est vraiment stressant », confie-t-elle.
Commerçant dans la commune de Port-Bouët, Atta Joseph est inquiet pour ses jus. « Une coupure d’électricité fréquente peut détruire mon congélateur ; et la glace se déforme tout comme les jus qui peuvent se gâter », a-t-il dit. Pour sa part, Konaté Fanta, habitante de la commune de Bingerville, a expliqué que ses enfants ne dorment pas bien à cause de la chaleur. « Quand, il n’y a pas de ventilateur, les enfants supportent mal la chaleur. Même regarder les informations ou mettre en charge le téléphone devient aussi compliqué.... Et pour les aliments, on est obligé de cuisiner rapidement ce qu’on avait gardé au congélateur », fait savoir Konaté Fanta.
« Nous sommes dans une période où le secteur de la boulangerie-pâtisserie est beaucoup prisé pour les produits, notamment le pain. Les clients viennent nombreux aux heures de pointe ; imaginez que toutes les boulangeries n'ont pas de groupe électrogène ; ça serait difficile de satisfaire la clientèle. C'est le groupe électrogène qui nous permet de tenir à cette période. Souvent, nous faisons 3 heures sans électricité. C'est vraiment difficile dans ces conditions. On comprend qu’il peut y avoir des problèmes techniques, mais les coupures sont trop fréquentes. On souhaite surtout que les autorités trouvent une solution durable », a plaidé Chantal Aka, caissière dans une boulangerie dans la commune d’Angré.
Les explications et assurances du gouvernement
Entre contraintes quotidiennes et attentes de solutions durables, les populations espèrent surtout une stabilisation rapide de l’approvisionnement en électricité pour retrouver un quotidien plus serein. A cet effet, le gouvernement ne s’est pas fait prier pour donner des explications, et surtout rassuré les populations ivoiriennes. A l’issue du conseil des ministres du mercredi 4 mars 2026, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a indiqué que les coupures sont dues en grande partie à la période de forte chaleur que traverse actuellement le pays. Et de préciser que ces perturbations ne sont pas liées à un déficit de production d’énergie. Selon lui, notre pays dispose aujourd’hui d’une capacité de production suffisante pour couvrir ses besoins. « Les difficultés proviennent plutôt du réseau et des équipements de distribution, qui nécessitent un renouvellement », a-t-il confié.
Pour remédier à cette situation, le ministre a expliqué qu’un programme de modernisation du réseau électrique est en cours de mise en œuvre par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, afin d’un renouvellement pour mieux répondre à la demande et améliorer la fiabilité du réseau de distribution de l’énergie. L’objectif est de remplacer progressivement les installations vieillissantes, afin d’améliorer la distribution de l’électricité sur l’ensemble du territoire national.
La Côte d’Ivoire, c’est plus de 1.300.000 clients et un taux de couverture du réseau de la population estimé à 88 % en 2023 et près de 94 % en 2024. Environ 36 % des Ivoiriens n'ont pas les moyens d'installer un compteur qui leur permettrait d'avoir accès à l’électricité (site officiel CIE).