L’objectif est de réfléchir aux moyens de mieux organiser le secteur, moderniser les pratiques et favoriser son accès aux marchés nationaux et internationaux.
À l’ouverture des travaux, le représentant du maire de Marcory, Aby Raoul, a rappelé la place du pagne traditionnel dans l’identité et le patrimoine culturel ivoirien.
Mais pour les acteurs de la filière, la préservation du patrimoine ne peut désormais être dissociée des enjeux économiques. Le textile traditionnel constitue, en effet, un potentiel important en matière de création d’emplois, de revenus et de développement des activités artisanales.
Le directeur général du Centre de Démonstration et de Promotion de Technologies-CDT, Méité Adama Bassessé, a ainsi appelé à adapter les savoir-faire traditionnels aux exigences du marché contemporain.
« Il ne s’agit pas seulement de préserver nos savoir-faire ancestraux, mais également de les adapter aux exigences du marché moderne », a-t-il souligné.
Pour accompagner cette transformation, il préconise notamment la modernisation des équipements, le renforcement de la formation, la normalisation des produits, la digitalisation des activités ainsi qu’un meilleur accès aux marchés. Il a encouragé la diversification des produits issus du textile traditionnel, à travers la création de vêtements modernes, d’accessoires de mode, d’articles de décoration et d’objets artisanaux.
La Chambre nationale de métiers entend, elle aussi, prendre part à cette dynamique. Son représentant, Koueyou Christophe, a assuré de la disponibilité de l’institution à accompagner les professionnels du secteur.
De son côté, la présidente de la Fédération ivoirienne du textile et du pagne traditionnel, Chantal Guiraud, a souligné le chemin parcouru depuis la création des JPTI en 2018. Elle a surtout insisté sur la nécessité de préserver la transmission des savoir-faire, condition essentielle, selon elle, à la pérennité de la filière.
« Si nous parlons d’industrialisation, mais que les vrais acteurs disparaissent sans transmission, ce patrimoine peut disparaître », a-t-elle alerté. Avant de plaider pour un accompagnement plus important des acteurs, afin de structurer davantage la filière, accroître les capacités de production et faciliter la conquête des marchés extérieurs.
Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics à faire du textile et de l’habillement une filière prioritaire.
« Notre ambition est clairement définie : opérer un saut qualitatif et technologique d’envergure », a-t-il déclaré, estimant que l’industrialisation des textiles traditionnels par l’innovation constitue un enjeu de souveraineté économique.
Cette stratégie s’inscrit, selon lui, dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030 et dans la politique de relance de la filière coton-textile-habillement. Le gouvernement entend notamment soutenir les acteurs et favoriser l’émergence de marques ivoiriennes capables de rivaliser sur les marchés régionaux et internationaux.
Les JPTI 2026 serviront ainsi de cadre aux échanges autour de la structuration de la filière, de l’innovation et de la transition écologique. Panels, expositions-ventes et rencontres professionnelles doivent permettre de rapprocher les différents acteurs et de poser les bases d’un secteur textile traditionnel plus moderne, compétitif et durable.