Simone Ehivet Gbagbo a répondu à une question relative à ses relations avec son ex-époux Laurent Gbagbo. Implicitement, elle semble avoir tourné la page Laurent Gbagbo. A la question de savoir, si elle a pu parler avec lui, lors de son passage au siège du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), le 1er septembre dernier, elle a répondu : « A lui-même non. Mais ce n’est pas nécessaire. On a fait un courrier et le parti nous a répondu. Le président Gbagbo n’y était pas ; il s’est fait représenter par de hautes personnalités du parti qui discutent avec nous par rapport à notre proposition » Et d’ajouter : « Le passé reste le passé. Aujourd’hui, j’estime qu’il faut aller de l’avant ... »
Au sujet du président Alassane Ouattara et la France, elle a laissé entendre : « Oui, ho oui. Vous savez, je l’ai écrit dans mon livre (Ndlr « Ma sortie de prison, prémices d’une Côte d’Ivoire réconciliée » quand j’étais à Odienné en prison, j’ai été amenée à pardonner au président Alassane Ouattara, alors pourquoi je lui pardonnerais et à la France je ne pardonnerai pas. », répondant à la question « Avez-vous pardonné à la France ? »
L’actualité ivoirienne a été naturellement au cœur de cet entretien. Simone Ehivet s’est prononcée sur le mandat d’arrêt contre Me Habiba Touré, porte-parole du PPA-CI, et l’arrestation de Koné Katinan, 4e vice-président de ce parti. « Je suis toujours très attentive à la démocratie dans le pays.», a-t-elle dit. Pour elle, la démocratie, c’est aussi le droit pour certaines personnes de dire ce qu’elles pensent ; même si elles ne sont pas d’accord avec le pouvoir en place. « A chaque fois qu’il y a des arrestations de ce genre, l’atmosphère se dégrade et moi je le regrette bien. J’aurai préféré qu’il n’y est plus d’arrestation. Après les élections et pendant les élections, nous avons eu près de 1500 personnes arrêtées et qui sont encore en prison », a confié la présidente du MGC.
Et d’insister : « On peut leur reprocher ce qu’on veut, mais Ce sont des prisonniers politiques, et quand on a fini les élections j’ai souhaité que la question soit regelée. Et qu’ils puissent être libérés. On ne le fait pas et on continue d’arrêter. C’est dommage ! »
En outre, sur son score de 2,4 % à la présidentielle d’octobre 2025, elle a indiqué qu’elle allait à cette élection pour gagner, tout en étant consciente des difficultés qu’elle pouvait rencontrer. « Je savais que ça allait être difficile pour un certain nombre de raisons ; il y avait des choses que nous avions souhaité voir reformer et qui n’ont pas été avant l’élection, notamment les listes électorales et une discussion avec le gouvernement », a relevé Simone Ehivet.
« Nous sommes allés à ces élections, parce que par principe, nous considérons qu’il faut qu’il ait des candidats à ces élections. Je ne regrette pas d’y être allée », a-t-elle soutenu, reconnaissant que c’est « une grande déception », surtout qu’une campagne présidentielle reste toujours difficile.
Selon elle, les Ivoiriens ne sont pas sortis voter à cette présidentielle d’octobre 2025.
Sur sa proposition du haut conseil électoral en remplacement de l’ex-commission électorale indépendante (CEI), elle a précisé qu’il est difficile de dire ce que l’exécutif va faire. « J’entends des bruits qui vont à l’encontre des propositions que je fais ; mais je maintiens mes propositions, car j’estime qu’aujourd’hui si nous voulons avoir de bonnes élections avec la confiance des électeurs, pour qu’ils sortent voter, il faut absolument que dans l’organe qui préside aux préparatifs de toutes les élections dans notre pays ; il n’y ait plus de représentants de partis politiques et du gouvernement », a-t-elle préconisé.
Sur son séjour à Paris, elle a expliqué qu’il s’agit de remobiliser son Mouvement et elle y est sur invitation des camardes de l’Europe et de France.
Sans être affirmative sur une candidature à une prochaine présidentielle, Simone Ehivet dit ne pas écarter cette possibilité, surtout qu’« il ne faut jamais être vacciné contre quelque chose, quand ce que vous recherchez ; c’est le positif pour la nation ».
Depuis les évènements de 2011, où elle a été arrêtée par les Forces nouvelles à l‘époque ; elle n’avait pas encore mis les pieds en France. Sur ce pan de sa vie, elle raconte : « Ce qui s'est passé en 2011 au moment de mon arrestation, c'était quelque chose de très grave. J'ai été agressée. Il y en a qui ont essayé même de me coucher et de me violer. Mais le constat que j'ai fait à l'époque, l'armée française était là avec des caméras et elle n'a pas levé le petit doigt pour faire quoi que ce soit. Les Français étaient devant la maison de France qui jouxte la résidence présidentielle ».