Organisée par l’African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD), la rencontre réunit jusqu’au 28 août des représentants des gouvernements, des parlementaires, des organisations de la société civile ainsi que des mouvements féministes.
L’objectif est de réfléchir à des réponses africaines face à l’évolution de la dette publique et aux contraintes qu’elle fait peser sur les économies du continent.
À l’ouverture des travaux, la présidente du Conseil d’administration d’AFRODAD, Barbara Kalima-Phiri, a plaidé pour une approche collective. Selon elle, aucun pays africain ne peut, à lui seul, faire face durablement à la crise de la dette. Elle a ainsi appelé les États à renforcer leur solidarité et capacité de négociation avec les créanciers.
Pour la responsable, la position commune de l’Afrique sur la dette doit surtout devenir un véritable levier dans les discussions internationales, insistant sur la nécessité pour les pays africains de préserver leur souveraineté et de construire un rapport de force collectif.
Barbara Kalima-Phiri a, par ailleurs, alerté sur le coût du financement pour les économies africaines. Elle a évoqué une dette africaine totale atteignant 170 % et des taux d’intérêt pouvant avoisiner 10 %, nettement supérieurs à ceux appliqués aux États-Unis et en Europe.
La nécessité d’une action concertée a également été défendue par Diana Gichengo, directrice exécutive de l’Institute for Social Accountability (TISA). Au nom des co-organisateurs, elle a appelé les participants à porter une position commune et à repenser la place du continent dans l’architecture financière internationale.
Elle a estimé qu’une coopération renforcée entre les États africains pourrait permettre au continent de peser davantage dans les décisions qui façonnent le système financier mondial.
Diana Gichengo a aussi mis en avant les conséquences sociales du poids de la dette. Alors que les créanciers continuent d’être remboursés, a-t-elle relevé, une partie des populations africaines peine encore à accéder aux services essentiels.
Pour elle, la réponse à cette situation passe naturellement par un leadership politique capable de défendre une vision panafricaine des intérêts économiques du continent.
De son côté, la directrice exécutive d’AFRODAD, Janet Zhou, a indiqué que les Africains doivent prendre une place plus importante dans la définition des politiques liées à leur dette et à leur développement.
Elle a appelé le continent à ne plus se limiter à subir les décisions prises ailleurs, mais à participer activement à l’élaboration des règles qui encadrent le système financier international.
À l’issue de la conférence, les participants devraient adopter de nouvelles résolutions sur la dette et le développement. L’ambition affichée par les organisateurs est de parvenir à une position africaine plus unifiée afin de renforcer le poids du continent dans les négociations internationales.
L’AfCoDD VI se poursuit jusqu’au 28 août à Nairobi.