Selon Abou Bamba, ce projet destiné à renforcer les capacités nationales de gestion des déchets promettra de lutter efficacement contre la pollution plastique dans le pays. Lequel produit plus de 460 mille tonnes de déchets plastiques par an, soit près de 1010 tonnes par jour et plus de 50 de ces déchets échappent au circuit de collecte. Moins de 5 % à 20 % de ces volumes sont recyclés, le reste finit sa vie dans les lacs, fleuves, lacunes etc. A elle seule, la ville d’Abidjan génère plus d’une centaine de tonnes de déchets plastiques chaque jour et ces chiffres ne sont pas de simples statistiques.
« C’est une réalité qui affecte au quotidien la vie de tous les Ivoiriens. Ces déchets obstruent les caniveaux, aggravent les inondations, polluent les plages, la lagune Ebrié, la lagune Aby et celle de Grand-Lahou, dégradent les forêts, les cours d’eaux et les océans », a insisté le ministre.
Selon les données de la Banque mondiale (2023), la production ivoirienne est estimée à 609 000 tonnes de déchets plastiques chaque année, soit près de 9 % des 6,77 millions de tonnes de déchets solides produits dans le pays. Et il n’y a que 10 % de ces déchets qui sont recyclés, tandis que le reste est abandonné dans la nature, déversé dans les cours d'eau et les lagunes ou encore brûlé à l'air libre, avec des conséquences importantes sur l'environnement et la santé publique. Ces déchets plastiques représentent 85 % des déchets retrouvés dans le milieu marin.
Abou Bamba a insisté sur le rôle déterminant des médias dans le changement des comportements. « La lutte contre la pollution plastique ne se gagnera pas uniquement dans les laboratoires, les administrations ou les salles de conférence ; elle se gagnera également dans les médias, grâce à une information crédible, accessible et scientifiquement fondée », a-t-il déclaré.
M. Bamba a également rappelé que la protection de l'environnement est un investissement pour l'avenir. « La lutte contre la pollution plastique n'est pas seulement une exigence environnementale ; elle est un investissement dans notre santé, dans notre économie, dans notre souveraineté et dans l'avenir de nos enfants », a-t-il ajouté.
Pour lui, la pollution plastique n’est pas seulement une exigence environnementale, mais un investissement dans notre santé, économie, souveraineté et l’avenir de nos enfants. Car, a-t-il confié, elle est devenue un problème majeur de santé publique.
« L’environnement n’est pas le seul concerné ; il est désormais prouvé que les particules dégagées par le plastique sont détectées dans l’eau potable, les boissons, le sel de table, le miel, les fruits de mer, le sang humain, le poumon voire le lait maternel. », a-t-il fait savoir.
Mais, Abou Bamba a optimisé : « Tout n’est pas perdu ; bien au contraire. L’espoir est permis. La où certains ne voient que des déchets, nous nous voyons des ressources ; là où certains voient une contrainte, nous nous voyons des opportunités à saisir. L’économie circulaire représente aujourd’hui l’un des secteurs les plus promoteurs de la croissance verte en Côte d’Ivoire », indiquant que le secteur génère beaucoup d’emplois accessibles à la jeunesse.
Le ministre Bamba a aussi exhorté les journalistes à ne pas occulter, dans le traitement de l'information, les activités de l’orpaillage illégal qui impactent l’environnement (ou le patrimoine naturel), précisément sur les ressources en eau et terre.
Et de conclure : « Chaque plastique que nous refusons aujourd’hui est une victoire pour notre environnement de demain ; chaque citoyen sensibilisé devient un acteur de la protection écologique, la lutte contre la pollution plastique n’est pas seulement une exigence environnementale, mais un investissement dans notre santé, économie, souveraineté et l’avenir de nos enfants …», prévenant que l’application du décret 2013 interdisant la production et l’utilisation des déchets plastiques à usage unique sera fermement et intégralement appliqué.
Le thème de cet atelier était : « Gestion de la pollution plastique en Côte d’Ivoire ». Il a été organisé par le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) en collaboration avec l’Association des journalistes scientifiques de Côte d’Ivoire-AJ’CI). L’objectif principal était de permettre aux journalistes scientifiques et professionnels de la communication de mieux comprendre les enjeux de la pollution plastique, le cadre règlementaire et les orientations de la stratégie Nationale de lutte contre la pollution plastique (SNLCPP) 2026-2030.