Pour AFRODAD, malgré une présidence sud-africaine qui se voulait porteuse des préoccupations du Sud global, peu d’avancées concrètes ont été enregistrées sur la question de la dette. La déclaration finale minimise, selon AFRODAD, l’urgence d’une crise qui touche de plein fouet les économies africaines. Les propositions issues de la Position commune africaine (PCA), détaillées dans la Déclaration de Lomé — dont la demande clé d’un mécanisme multilatéral permanent de restructuration de la dette sous l’égide de l’ONU — n’ont pas été reprises.
Le G20 n’a pas non plus soutenu les recommandations du FfD4 – Engagement de Séville, qui appelle à des négociations intergouvernementales sur un mécanisme de restructuration souveraine. AFRODAD soutient que ces omissions traduisent une réticence persistante à s’attaquer aux causes profondes de l’endettement : manque de transparence, dépendance aux agences de notation, et protection des intérêts des créanciers du Nord.
La situation est d’autant plus préoccupante que environ 44 % de la dette extérieure africaine est aujourd’hui détenue par des créanciers privés, confie la CNUCED. Une réalité qui rend toute restructuration plus lente et plus complexe. Le Cadre commun du G20, présenté depuis plusieurs années comme la solution, s’est révélé insuffisant : la Zambie ou encore l’Éthiopie peinent toujours à obtenir un allègement efficace de leur dette. Malgré ces critiques, la déclaration finale du G20 se contente d’appeler à « renforcer » ce cadre, sans proposer d’alternative.
« Les défis liés à la dette imprègnent tous les aspects de la vie quotidienne en Afrique », rappelle Riska Koopman, experte en finances internationales à AFRODAD, déplorant une année où les gouvernements africains, pourtant unis autour de la Position commune africaine, n’ont pas réussi à peser suffisamment dans les discussions.
À cela s’ajoutent des tensions diplomatiques persistantes : les États-Unis, absents du sommet de Johannesburg, ont révoqué l’invitation adressée à l’Afrique du Sud pour le G20 prévu en 2026 en Floride. Un geste qui fragilise un multilatéralisme déjà éprouvé et complique davantage les perspectives d’une réforme profonde du système financier mondial.
Pour AFRODAD, la conclusion est claire : il faut transférer la prise de décision hors du G20 vers des espaces plus démocratiques, au premier rang desquels l’ONU. L’organisation continue ainsi de plaider pour une Convention-cadre des Nations unies sur la dette souveraine, juridiquement contraignante et fondée sur l’équité, afin d’éviter de nouvelles crises et de soutenir durablement les pays africains.
Mam O