Cette nomination suscite des réactions contrastées au sein de la presse sportive ivoirienne. Si certains saluent le retour d’un technicien expérimenté, d’autres s’interrogent sur les raisons ayant conduit la FIF à se séparer d’Emerse Faé après lui avoir renouvelé sa confiance.
« C’est un bon retour »
Pour Yves Boris Veh, journaliste sportif à NCI, le retour d’Hervé Renard constitue une bonne nouvelle pour les Éléphants. « C’est un retour du technicien français après son passage entre 2014 et 2015, couronné par un succès lors de la CAN 2015. Il a laissé une empreinte indélébile dans cette équipe nationale et a marqué les Ivoiriens ainsi que le monde sportif de notre pays », estime-t-il. Selon lui, Renard possède plusieurs atouts pour réussir sa mission. « C’est un technicien que nous connaissons, qui a du caractère et qui est aussi un stratège. Il a une bonne culture tactique », souligne le journaliste. Yves Boris Veh précise toutefois que le nouveau sélectionneur devra être soutenu dans sa mission. « Il aura la lourde responsabilité de faire performer ces Éléphants, surtout avec cette nouvelle génération. Il faut l’accompagner, le soutenir et faire en sorte qu’il puisse atteindre ses objectifs. Ce sera tout bénéfice pour le peuple ivoirien », a-t-il insisté.
« Je suis un peu surpris »
Le journaliste sportif Patrice Guittey affiche davantage de réserve sur les conditions de cette nomination. Le rédacteur en chef de Sport-Ivoire, se dit surpris après les déclarations répétées de la FIF en faveur d’Emerse Faé. « Je suis un peu surpris de la nomination d’Hervé Renard, pas parce qu’il n’est pas un bon coach ou qu’il n’a pas les capacités. Mais la Fédération ivoirienne de football nous avait habitués à un discours selon lequel Emerse Faé faisait du bon boulot et qu’il ne bougerait pas », note-t-il. En outre, Patrice Guittey reconnaît les qualités du technicien français. « C’est un entraîneur qualifié qui a déjà eu une expérience avec notre sélection et qui maîtrise bien l’environnement. On le dit, c’est le terrain qui fait le chef », rappelle-t-il. Le journaliste attend surtout de voir les progrès de la Côte d’Ivoire dans le jeu. « Sous Emerse Faé, en termes de résultats, nous avions quelques résultats escomptés, mais c’est dans le jeu qu’il y avait des critiques. On espère que Hervé Renard apportera cette lumière aux yeux des Éléphants de Côte d’Ivoire », a-t-il dit.
« Hervé Renard semble être l’homme de la situation »
Pour Roméo Coulibaly, journaliste sportif à la RTI, le retour d’Hervé Renard s’inscrit dans la continuité d’un parcours marqué par plusieurs expériences sur le continent africain. « L’homme à la chemise blanche revient onze années après à la tête des Éléphants de Côte d’Ivoire. Son aventure avec les sélections africaines a débuté en 2007 avec les Black Stars du Ghana, comme adjoint de Claude Le Roy », rappelle-t-il. Le journaliste met notamment en avant le palmarès du technicien français, vainqueur de la CAN 2012 avec la Zambie puis de la CAN 2015 avec la Côte d’Ivoire. « C’est un entraîneur qui a de l’expérience et du caractère. Il a dit que dans cette équipe de Côte d’Ivoire, avant les individualités, il doit y avoir une équipe. C’est son chantier », souligne Roméo Coulibaly.
« Dans ce contexte où on a impérativement besoin de victoires et de résultats, Hervé Renard semble être l’homme de la situation. Mais la vérité du terrain est la mieux appréciée. Rendez-vous est donc pris en septembre prochain pour le voir à l’œuvre », conclut-il.
« Il connaît l’environnement du football ivoirien »
Serge Regis, journaliste sportif à la radio BLM, estime également que le choix d’Hervé Renard peut se justifier par sa connaissance de la Côte d’Ivoire et de son football.
« C’est un retour après 2015 à la tête de l’encadrement technique des Éléphants. Il connaît l’environnement du football ivoirien, donc ce choix est tout à fait mérité », affirme-t-il.
Selon lui, Renard aurait continué à suivre la sélection ivoirienne ces dernières années. « Selon certaines informations, il était avec les Éléphants lors de la CAN au Maroc et les a suivis durant toute leur préparation. Il a donc une idée du football ivoirien », explique-t-il.
Le journaliste rappelle toutefois que le technicien français devra rapidement convaincre par les résultats, alors que son départ après le sacre de 2015 reste encore présent dans les mémoires.
« Les Ivoiriens ont encore à travers la gorge son refus de poursuivre l’aventure avec la Côte d’Ivoire après la CAN remportée en 2015. Aujourd’hui, ce qui a milité en faveur de son retour, lui seul le sait. Toujours est-il qu’il est fier de retrouver cette équipe », note Serge Regis.
Premier grand test en septembre
Désormais, les regards sont tournés vers les prochaines sorties des Éléphants. Avec un contrat de deux ans et les CAN 2027 et 2028 en ligne de mire, Hervé Renard devra rapidement imprimer sa marque et répondre aux attentes du public ivoirien. La première véritable évaluation du nouveau sélectionneur devrait intervenir dès septembre, avec les éliminatoires de la CAN 2027. Les Éléphants affronteront notamment le Ghana le 23 septembre avant de se déplacer face à la Somalie.
La gestion des fins de match, l’équilibre collectif, la discipline tactique et l’efficacité seront au cœur des attentes autour du technicien français.