Le gouvernement réaffirme sa politique de tolérance zéro face aux violences : viols, mutilations génitales féminines, mariages forcés, agressions physiques ou psychologiques, déni de ressources, ou encore maltraitance émotionnelle. « Un seul cas est toujours un cas de trop », martèle la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré.
Pour coordonner son action, le gouvernement ivoirien s’appuie sur la Stratégie nationale de lutte contre les VBG (SNLVBG), adoptée en 2014. Ce cadre guide les interventions à travers des réformes législatives, des institutions dédiées et des équipes spécialisées. Sur le terrain, le Programme national de lutte contre les VBG assure le suivi, la surveillance et la réponse aux cas signalés.
En 2024, 9 607 cas de violences…
En 2024, 9 607 cas de violences ont été enregistrés à l’échelle nationale. Leur signalement a été facilité grâce aux 95 plateformes multisectorielles impliquant chefs traditionnels, guides religieux et acteurs communautaires, ainsi qu’à la ligne verte 1308, gratuite et accessible 24h/24. Parallèlement, 33 bureaux d’accueil genre ont été installés dans les postes de police, et des espaces sûrs destinés aux jeunes filles ont été ouverts.
La stratégie nationale repose aussi sur la formation : 5 219 leaders communautaires et 1 157 guides religieux ont été formés pour devenir des relais essentiels de prévention.
En matière d’accompagnement, 8 560 survivantes ont reçu un soutien médical et psychologique, tandis que 16 700 femmes ont obtenu une assistance juridique. Entre 2020 et 2024, 12 milliards de FCFA ont été investis pour la prévention et le soutien aux victimes.
Face à la persistance des violences, l’État a durci les sanctions. Les peines pour viol vont désormais de 5 à 20 ans de prison, avec la possibilité d’une peine à perpétuité dans les cas les plus graves. Le gouvernement encourage la population à dénoncer systématiquement les auteurs.
Pour offrir un refuge sécurisé, plusieurs centres d’accueil ont été créés. Le PAVVIOS d’Attécoubé, ouvert en 2008 avec l’appui du PNUD, constitue l’un des premiers dispositifs du genre. En avril 2025, la Maison des Femmes Safe Home d’Adiaké, construite par la Fondation Children of Africa, a été inaugurée : dotée de 100 lits et de services complets, elle figure aujourd’hui parmi les plus grands centres de prise en charge de la sous-région. D’autres structures similaires existent à Bouaké et à Korhogo.