Né en janvier 1988 en français, puis en anglais trois ans plus tard, Chinafrique est l’un des plus anciens magazines consacrés aux relations Chine-Afrique. Tiré à 15 000 exemplaires, il s’adresse à un lectorat de décideurs, diplomates, chercheurs et chefs d’entreprises, en Afrique comme en Chine.
“Dans une petite salle de rédaction à Pékin, l’équipe fonctionne à deux regards. Six journalistes chinois travaillent aux côtés de quatre rédacteurs étrangers, français, indiens et d’autres nationalités. Ce sont eux qui, lors des conférences de rédaction, apportent un autre angle, une autre sensibilité”, a fait savoir madame Li.
A l’en croire pour être au plus près du terrain, le magazine a ouvert un bureau à Johannesburg, le premier du genre pour un média chinois en Afrique. Au Sénégal, il s’imprime et se diffuse depuis 2016 avec le quotidien “Le Soleil”. C’est d’ailleurs un numéro spécial réalisé avec ce partenaire qui avait été offert par le président Macky Sall au président Xi Jinping en 2018.
“Ici, on parle bien sûr des grands dossiers : les « deux sessions » chinoises, la ZLECAf, l’Agenda 2063, les infrastructures ou le commerce. Mais la marque de fabrique de Chinafrique, c’est de raconter tout cela à hauteur d’hommes”, a-t-elle expliqué.
Pour elle, un reportage sur le commerce ne s’arrête pas aux statistiques. Il va suivre un importateur de café éthiopien à Shanghai et un vendeur de machines agricoles chinoises en Ouganda. Un sujet sur la désertification en Mauritanie raconte comment, à l’est de Nouakchott, l’irrigation goutte-à-goutte et le solaire ont permis de produire 900 kg de légumes pour les villages voisins.
« On ne fait pas du journalisme heureux, on fait du journalisme constructif », résume la rédactrice. C’est-à-dire : poser le problème, mais aussi montrer quelles solutions sont tentées, avec quelles limites.
Aujourd’hui, le magazine déploie ce récit sur le papier et sur le numérique, en français, anglais et chinois, avec l’appui de l’intelligence artificielle pour certains formats.
Ouattara Mariam, envoyé spéciale à Beijing