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COP17 : restaurer les terres pour préserver l’avenir
International

COP17 : restaurer les terres pour préserver l’avenir

Abidjan, le lundi 17 août 2026(ivoire.ci)-Placée sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la 17ᵉ réunion de la Conférence des parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s'est ouverte ce lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie. Les travaux se poursuivront jusqu’au 28 août prochain.
Contexte préoccupant
 
À l’échelle mondiale, la désertification et la dégradation des terres touchent près de 40 % de la superficie terrestre. Chaque année, environ 100 millions d’hectares de terre, autrefois productifs deviennent improductifs. Une situation qui menace directement les moyens de subsistance de quelque 3,2 milliards de personnes et engendre des pertes économiques estimées à 880 milliards de dollars par an, soit environ 498 110 milliards de francs CFA. 
Face à cette situation, l’urgence d’agir pour préserver et restaurer les sols se fait de plus en plus pressante.
 
Des terres soumises à de fortes pressions
 
Dans de plusieurs régions du monde, les sols s’épuisent et les rendements agricoles diminuent. La terre, qui nourrit les populations depuis des millénaires, subit aujourd’hui les effets combinés du changement climatique, de la déforestation, de certaines pratiques agricoles intensives et de la monoculture.
 
Dans les pays à revenu élevé, la dégradation des sols peut être masquée par un recours important aux intrants agricoles. À long terme, leur utilisation intensive peut toutefois accentuer l’appauvrissement des terres.
Dans les pays à faible revenu, principalement en Afrique subsaharienne, la situation est encore plus préoccupante. La faiblesse des rendements et l’accès limité aux intrants rendent les populations vulnérables aux conséquences de la dégradation des terres et des changements climatiques.
 
La restauration des sols, une priorité
 
Pour inverser cette tendance, la première réponse consiste à réduire les pratiques qui contribuent à la dégradation des terres. Cela passe par la promotion de modèles agricoles plus durables, tels que l’agroécologie et l’agroforesterie, ainsi que par une meilleure protection de la biodiversité.
 
La restauration des terres dégradées représente cependant un investissement considérable. Selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, les besoins financiers s’élèvent à environ un milliard de dollars par jour, soit plus de 500 milliards FCFA (566.029.100.000 FCFA).
 
Malgré ce coût important, les bénéfices économiques peuvent être considérables.
« Les besoins financiers sont énormes, mais il y a une rentabilité économique dans ces investissements », explique Sandra Rullière, responsable adjointe de la division Agriculture, développement rural et biodiversité de l’Agence française de développement (AFD). Selon les données de la Convention, chaque dollar investi dans la restauration des terres dégradées peut générer entre 7 et 30 dollars de bénéfices, soient environ 3 962 milliards de FCFA et près de 1 700 milliards de FCFA.
 
Investir dans la santé des sols revient également à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience face au changement climatique. Des sols en bonne santé sont capables de stocker davantage de carbone, de préserver la biodiversité, mais aussi de retenir l’eau et de mieux résister aux épisodes de sécheresse.
L’un des principaux enjeux de cette COP17 sera ainsi de convaincre les États, les banques agricoles et le secteur privé d’accroître leurs financements en faveur de la restauration des terres et de réduire les soutiens accordés aux pratiques agricoles qui contribuent à leur dégradation.
 
Le pastoralisme au cœur des discussions
 
Le pastoralisme devrait également occuper une place importante durant les travaux. Le choix de la Mongolie comme pays hôte n’est pas anodin : près de 77 % de ses terres seraient affectées par la dégradation.
 
Fondé sur l’utilisation de parcours naturels et la mobilité des troupeaux, à travers la transhumance ou le nomadisme, le pastoralisme permet aux éleveurs de s’adapter aux variations saisonnières des ressources en eau et en pâturage. Il joue ainsi un rôle essentiel dans les économies des zones arides et montagneuses.
 
À l’initiative de la Mongolie, l’Assemblée générale des Nations unies a par ailleurs proclamé 2026 « Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux ». Une reconnaissance du rôle du pastoralisme dans la préservation des sols et des écosystèmes fragiles, mais aussi dans le développement économique et le renforcement de la cohésion sociale dans les zones arides et semi-arides.
 
Les États sont donc appelés à renforcer leurs engagements pour faire de la restauration des terres un levier majeur de lutte contre la désertification, de sécurité alimentaire et d’adaptation au changement climatique.

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