Selon les sources du journal, cette performance a attiré le FBI, en observation avant la Coupe du monde de cet été.
Ainsi le 21 décembre 2025, avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le chef de la sécurité de la Confédération africaine de football (CAF), Christian Emeruwa, indiquait : « Le succès de la CAN ne se mesure pas seulement au football produit sur la pelouse, mais aussi à la solidité, souvent invisible, de la sécurité qui entoure chaque rencontre. »
Après un mois de compétition et cinquante et un matchs disputés dans six villes, force est de constater que le Maroc, réputé pour sa maîtrise sécuritaire, a réussi son pari, soutient le média français.
Aucun débordement majeur n’a été relevé. Sous réserve du bon déroulé de la finale, au cours de laquelle le Maroc doit affronter le Sénégal dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay-Abdellah de Rabat, fait savoir le quotidien français.
De nombreux joueurs et encadrants ont d’ores et déjà salué « la qualité exemplaire de l’organisation » de la compétition, à l’instar du président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o, ou encore de l’international égyptien Mohamed Salah.
A en croire toujours le media français, le royaume chérifien entend relevé le niveau de la sécurité, en déployant de grands moyens. Les mêmes dispositions ont été prises, lors des différentes rencontres. Avec le dispositif policier installé aux abords des stades et plus largement dans les villes hôtes, avec l’appui de près de 3 500 nouvelles recrues, formées spécialement pour l’occasion, et l’installation de 6 000 caméras.
Cinq à sept filtrages
De Tanger à Rabat en passant par Marrakech et Fès, les supporteurs ont constamment eu à passer entre cinq et sept filtrages de contrôle de leurs tickets et de fouilles au corps avant debpouvoir s’installer dans les gradins. Avant, pendant et après les matchs, des drones ont survolé les foules. « La gestion des flux est l’un des enjeux principaux de la sécurisation du public à l’intérieur comme à l’extérieur des stades », explique l’ancien officier de la gendarmerie royale, Nizar Derdabi.
Les malheureux événements survenus au Cameroun en 2022, où huit personnes ont perdu la vie dans une bousculade et la finale de la Ligue des champions en 2022 au Stade de France à Paris.
« Il s’agit de cas d’école sur lesquels les forces de sécurité marocaines ont été briefées pour adopter des comportements plus diplomates qu’à l’accoutumée », assure Nizar Derdabi.
La doctrine marocaine de sécurité se base également sur un aspect répressif », poursuit Nizar Derdabi, également enseignant à l’Ecole de guerre économique de Rabat. Des commissions judiciaires – sorte de tribunaux mobiles – et des commissariats ont été installés dans chaque stade, afin de pouvoir traiter et juger rapidement des infractions mineures.
Au total, entre le 21 décembre et le 6 janvier, 150 infractions ont ainsi été traitées. « L’accès ou la tentative d’accès frauduleux » (61 cas), suivie de la « vente à un prix supérieur au tarif réglementaire » (19 cas), arrivent en tête.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a assisté à plusieurs matchs. Car pour le Maroc comme pour les instances internationales du football, les enjeux de réussite à la fois sportifs, économiques et sécuritaires dépassent la CAN, qui fait office de répétition générale avant la coorganisation, avec l’Espagne et le Portugal de la Coupe du monde en 2030.
« Jusqu’à présent, le Maroc a montré qu’il était capable de répondre aux plus hauts niveaux de standards internationaux en termes d’organisation, de sécurisation, de gestion des flux et surtout d’accueil dans des stades flambant neufs, avec des infrastructures largement à la hauteur », soutient Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique du sport à Sciences Po Paris.
Les services de sécurité marocains ont par ailleurs mis l’accent sur leur capacité à coopérer avec leurs homologues continentaux venus des vingt-trois pays participant à la compétition, avec l’inauguration début décembre du Centre de coopération policière africaine, basé à Salé, au nord de Rabat.
Une délégation du FBI, principal service de police et de renseignement intérieur américain, s’est également rendue au Maroc le 6 et le 7 janvier, dans un contexte où les Etats-Unis sont en pleine préparation de la Coupe du monde. Après avoir assisté à deux matchs des huitièmes de finale (Maroc-Tanzanie et Algérie-Congo), Rabat a évoqué dans un communiqué « la volonté américaine d’examiner les facteurs de succès et d’excellence du modèle marocain en matière de sécurité des grands événements sportifs ».
« Il y a des domaines dans lesquels les services de sécurité marocains ont un certain niveau d’expertise dont les Américains peuvent s’inspirer, comme par exemple la coordination des moyens technologiques et humains », ajoute toutefois l’expert en sécurité Matthew Wein, ancien fonctionnaire du département pour la sécurité intérieure aux Etats-Unis.
En marge de la Coupe d’Afrique des nations, Rabat a ainsi accueilli un symposium sur la sécurité des événements sportifs avec la présence de l’ONU, la FIFA ou encore l’Union des associations européennes de football (UEFA).
Et son modèle, déjà reconnu pour sa lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, semble de plus en plus plébiscité, à la fois par Paris, depuis la fin de la crise bilatérale, mais aussi par Berlin et Madrid, dont les polices respectives viennent tout juste de signer des accords dans le domaine du renseignement, le 8 janvier. Comme une forme de reconnaissance symbolique, fin novembre 2025, le royaume a accueilli la 93e assemblée générale de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol).